Un texte à base de contraintes

CHALEUR

La chair de Jean-Guy fondait. Sa sueur se mêlait à ses lambeaux de peau pour ne former plus qu’une seule matière dégoulinante. Seule sa tête était encore épargnée. Il était si jeune pour en arriver là !

Mais son chef s’était embrouillé avec lui la veille. Et Jean-Guy ne supportait pas l’obstination du bonhomme. Petit à petit, la boule qui s’était formée dès son enfance dans son ventre, s’enfla d’avantage, pour atteindre une proportion dangereuse. Comme un attentat nerveux intérieur. Car il gardait tout pour lui, en idéaliste forcené. Des années de frustration accumulée.

Et ce matin, sa boule s’était enflammée.

Il ressentit d’abord une bouffée de chaleur, qui s’amplifia progressivement. Très vite, elle devint insupportable. Il ne dit rien à personne, encore une fois. Complètement exténué, il s’assit. Incapable de bouger, incapable désormais de réfléchir. La combustion atteignait la surface de sa peau, et descendait vers les jambes. C’est là qu’il commença a fondre inexorablement.

Alors, dans un dernier sursaut, il s’empara d’une bouteille d’eau, mais il était trop tard.

L’explication du contexte est ici.

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J’ai gagné un concours !!

emob

Wai ! C’est la première fois de ma vie ! J’ai gagné un truc, un vrai truc. Et pour être plus précis, il s’agit d’une formation vidéo sur le web.

Il s’agissait d’un petit concours « littéraire », car il fallait proposer un texte sous la contrainte d’un contexte et de mots imposés à placer.
Vous pouvez retrouver ma prose, qui remporta le premier prix ex aequo avec une taupe, ici même.

D’ailleurs, ils sont super sympa chez emob, car le prix à la base était une formation de digital painting / matte painting, ce qui m’intéressait, mais plus en loisir. Et ils ont bien voulu la remplacer par une formation vidéo pour créer son site e-commerce dynamique (d’une valeur de 80€), ce qui peut m’aider professionnellement.

Emob c’est un blog français sur l’univers du graphisme numérique, couplé à une boutique de formations vidéo. Que je vous conseille, même s’ils se sont ramollis à mon goût sur le contenu du blog justement. On y trouve cependant encore des articles intéressants sur des artistes et du contenu numérique.

PS: Mon site a été attaqué par des spams (et non des spermes) de pubs VIAGRA, je tiens à préciser que je n’ai pas de problème de ce côté là.

PPS: Le bilan arrive ce soir, il a bien été filmé hier, dimanche.

3 commentaires
peritel:
ah ouais ils ont mis le paquet !

Nikubik:
Merki. Voici les mots, d'ailleurs j'ai triché sans faire exprès, il fallait prendre tous les contextes normalement, ce qui a mon sens peut pas donner un texte très intéressant, j'avais choisi que Coup de chaleur : Le Contexte : miracle, brise, PMU, Epiphomène, ardeur, coup de chaleur, contre-jour, assoiffé, succube, inspiration, exception française, le bon mot, tarente, autochtone. Les verbes : arriver, s'emparer, substituer, subtiliser, enflammer, dégainer, déblatérer, déboiter, gérer, embrouiller, former, vriller, truffer, abouler. Les Mots : durite, anisette, clochette, itinéraire, marcel, bob, coco, oh nine (de ninou), chef, la jeunesse, jeune, Macache, attentat, point, à fortiori, patronat, penseur, idéaliste, pilier, vainqueur, tête. Sinon wai, c'est quoi ton truc là ? ça peut m'intéresser, en MP s'il te plait

peritel:
congrats ! c'était quoi les mots imposés ? sinon, ça te dirais d'avoir des erection super facilement, j'ai un truc pour ça si tu veux.

‘Le suivant’, nouvelle inédite.

Je dois être un peu décalé dans le temps, car cette nouvelle était parfaite pour une rentrée. Plus particulièrement scolaire. Cela dit, elle doit pouvoir se déguster tout de même pour Pâques. Joyeuses cloches.

LE SUIVANT

Jean-François Léger, 26 ans. Professeur de mathématiques placé en poste au collège Louis Pasteur de Lyon. Son tout premier cours en tant que professeur titulaire.

Après la présentation d’usage, sa classe regroupant des LV1 allemand et anglais, il demanda à ses élèves qui faisaient allemand afin de constituer ses groupes de TD. Personne ne leva la main. Il demanda donc qui faisaient anglais, aucun d’eux ne se manifesta. Les élèves le regardaient, impassibles. Une pression montait en lui. Tentant une approche humoristique, il demanda qui était là pour rien, mais n’obtint aucune réaction.
Avant que la crispation ne le gagne, il voulait déverrouiller la situation. Alors il demanda crânement s’il ne s’agissait pas d’un bizutage organisé par un autre professeur. Tout le monde le regardait, personne ne répondait.
(Lire la suite…)

2 commentaires
Nikubik:
Hey merci couz. J'espère que tu n'as jamais eu ce genre de bizarrerie, Monsieur le professeur. ;)

JuLien:
Bien sympa cette nouvelle. C'est vrai que les rentrées (et qui plus est , la première...) sont des journées qui stressent toujours un peu. Bien vu et bien écrit mon couz JUL

Une nouvelle animalière

ZOO

 

J’avais décidé d’emmener le petit au zoo.

Ils aiment bien ça les enfants, les animaux.

Moi je trouve ça triste un zoo, on peut dire ce qu’on veut, les animaux y sont malheureux.

Enfermés, bien qu’ils n’aient rien demandé,

et observés toute la journée dans leur intimité qu’ils ont à jamais perdue.

 

On a commencé par les autruches.

Ma foi, elles étaient encore vivaces celles-ci.

Voire menaçantes alors on ne s’est pas attardé.
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Suite et fin de la trilogie du carnet

carnet 03

un mec est surveillant d’exposition et il écrit dans un carnet. Franchement, il trip trop au lieu de s’emmerder devant les mêmes tableaux toujours et encore. Comme un aveugle dans le silence. Oh tiens, une distraction, une musique me parvient des résonances de l’abbaye. C’est religieux, mais dans ce contexte, fort appréciable. Quelques murmures arrivent aussi à mon oreille. Impossible de savoir ce qu’ils disent, trop de réverbération. Ce n’est pas encore le moment de venir, je suis occupé à écrire, venez quand le vide se rapprochera. Tant pis, ils ne peuvent pas comprendre. Un couple avec leur enfant zigzague entre les photos au bout du couloir. Je les aperçois depuis mon bureau.

La musique s’arrête, je devine un curé qui débite ses salades sur la maison et dieu qui aide à la construire. Le couple prend tout son temps pour venir. Moi qui n’ai plus rien à penser maintenant. Magnez vous !

Une porte claque à ma gauche, ah merci. Déjà son écho se dissipe. Mais où sont donc tous ces empêcheurs de lire en rond qui passent habituellement dans ce fichu couloir en disant une fois sur deux bonjour ? C’est là que j’ai besoin de vous, quand le trou noir du vide s’amène ! Heureusement le gamin s’est rapproché et m’a regardé. J’ai levé les yeux sur lui, il a eu peur, son regard s’est écarquillé et il s’est détourné vers ses parents.

Bonjour, bonjour. Je le regarde à nouveau, il détourne ses yeux flippés. Le vide froid devient désormais palpable. Mais ses parents sont figés sur une photo. Faites quelque chose. Déjà, le bord du vide est visible. Ah ils changent, et non ils se fixent. Mais oui c’est ça, entrez, regardez les beaux tableaux. Mais entrez voyons ! Les photos sont jolies d’accord, mais vous en avez déjà vu 30, alors attaquez les tableaux. Un autre enfant court devant moi, je n’ai pas pu lui faire de grimace, il était trop rapide. Pourtant il est accompagné de ses grands-parents lents. Voilà, les vieux ils aiment les tableaux. Le premier couple esquive la salle, mais les vieux sont entrés.

Attendez moi, j’arrive pour lire sur ma petite chaise dans la salle. Ils sont déjà repartis, à peine le temps de lire une page. Et me voilà dans le silence total, face à moi-même. Je retourne à mon bureau pour m’occuper l’esprit le temps du court trajet. Des bruits de talons, quelqu’un approche ! C’est bien une femme, et une très belle femme. Bonsoir, bonsoir. Mon regard perçant a croisé le sien, mais je ne peux rien faire pour la retenir, pour prolonger le contact si furtif. Il ne me reste qu’à contempler son joli petit cul qui disparaît au coin du couloir. Les trompettes musicales reprennent…

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De la poésie marine

ODE AUX PIRATES
 
 
Yik yak, disaient-ils solennellement sur les flots déchaînés et impétueux.
Tipiak, criaient-ils inlassablement quand la mer était démontée.
Soldes à la FNAC, hurlèrent-ils soudainement sans savoir ni dave ni d’adam pourquoi.

Quels affreux fanfreluchons étaient-ils en ces temps reculés derrière un canon.
Mais advint l’enfance de l’art
Tout était perdu désormais
Un affreux désastre éparpillé

Dans leurs coffres à la cale, tous ces trésors perdus.

Les pierres précieuses brillent sous le regard du spécialiste. Il hoche la tête après chaque examination avant d’en entamer une nouvelle. Sa foi, sa morale : justice d’évaluation.
L’équilibre n’est pas simple à trouver et les attentes sont facilement déçues. PRESSION.
Il a les épaules solides, oh ça oui, on ne peut le nier, quelle courbure en filigrane.
Cependant il arrive que les mains tremblent. Le client le voit et il devient encore plus nerveux.

Une petite goutte de sueur se forme sur le front du spécialiste. Elle grossit jusqu’à devenir visible. Ce renflement renferme toute la tension accumulée. Elle gonfle encore et glisse légèrement. Maintenant son ventre rond brille, signe d’une grande fragilité. Une aiguille pourrait la crever. La crispation est trop forte, la goutte se décroche du pli dans lequel elle était fixée, la main se lève.

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De la poésie aux embruns

POEME D’EAU IODEE

Au fond, tout au fond, ça sent la mer. Et c’est bleu.
Mais pas simplement bleu comme ça hop on dit c’est bleu.
Tout est réellement bleu. Si on sortait tout ça de là,
ou si l’on enlevait l’eau, se serait encore bleu !
Alors par le filtre dû à l’eau qui ne laisse passer plus
que le bleu à cette profondeur, TOUT est vraiment très bleu.
D’une force qui peut faire jaillir un mouton.
Et ce, tous les 20 mètres 54. Chacun ayant un chapeau rouge.
Mais un tel balbutiement est infernal. Imaginez ce spectacle :
3 hommes en haut d’un volcan attendant qu’il délivre sa colombe.
On entendra parler de cet instant dans 2010 ans.

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La suite de Zouille

ZOUILLE 2, une goutte sèche

 
C’est le petit matin ; brun.
Venant du sol la bas, j’entends un ruisseau qui gaZOUILLE ; argent.
Par la force du temps, ce léger filet d’eau a creusé la terre en son bord ; ocre.
Comme une ride glacée sur le visage du MONDE ; émeraude.
Plus près, l’eau a ralenti son cours pour former une marre ; noir.
J’y puise en permanence une humidité vitale ; pourpre.

Figé dans la terre et las de cette situation,
je m’étire au maximum vers le ciel afin de…
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De la colle dans ma tête

mentale

Allongé.
Mes jambes sont encore prises. Le temps d’attraper mon genou gauche pour le tirer de là, la masse gélatineuse a une fois de plus eu le temps d’absorber mes épaules. J’essaie de me dégager. La sueur ruisselle sur tout mon corps. Je pue. Et cette chose à la constitution incolore et inodore est pourtant sale et écoeurante. Je m’agite frénétiquement, mais je suis toujours pris jusqu’à la taille. Je m’étire et agrippe la paroi. J’y laisse des bouts de peau. La masse semble gémir de plaisir. Mais surtout, elle s’est multipliée. Appuyé sur les coudes je tends mon cou pour découvrir qu’un long filin orange brille depuis la chose insondable jusque dans l’obscurité des profondeurs. La frayeur me gagne. J’y devine une nouvelle forme identique !
Mes coudes glissent tous les 2, l’arrière de ma tête heurte violement le sol froid et dur. Je la sens ramper sur ma peau et caresser mes aisselles. A moitié inconscient, je crache. Les 2 masses m’entourent maintenant. Je me redresse et m’extirpe lentement de la 1ère en gardant les yeux rivés sur la 2nd. La ventouse n’est pas si puissante, mais elle est implacable. Ma volonté se fissure car je ne peux me relâcher, me laisser aller au repos un seul instant.
Tout serait perdu.
(Lire la suite…)

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