Vunion Lautrec, chapitre 5 [101]

Cependant, malgré le désordre ambiant, et quand même au bout du chemin, il s’évertua à retrouver l’ouvrage qu’il cherchait. C’était un petit livre, de ceux qui passent inaperçus, un format quasiment carré, une couverture rouge foncé en carton plastifié, une tranche ni trop fine ni trop épaisse qui permettait de le tenir fermement dans la main, de sentir la matérialité du livre, sa masse parfaitement équilibrée.

Flell repoussa du pied des cubes de couleur, qu’il ne se souvint même pas avoir possédés, à aucun moment de sa vie, et tomba sur une revue passionnante. Il la sortit du lac d’humidité qui avait collé les pages et essuya la mousse qui se propageait sur l’illustration de couverture. Détail amusant : la mousse poussait justement là où la femme sur la photo avait rasé sa mousse naturelle.

Il consulta le sommaire et se félicita d’avoir un tel magazine. Avant de se référer à l’article sur le fonctionnement des oreillettes, il se prit un peu au jeu du poster central et utilisa de son huile de coude.
Calmé et heureux il ne lut que la moitié de l’article pour se remettre en quête du livre rouge à la surface du marécage. C’était plus la moiteur et la sueur rendant ses mouvements lents et inefficaces que le fatras d’objets qui l’empêchaient d’arriver à ses fins. Mais soudain il…

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Bouli Lanners dans la Darasse, en vrai

Alors là, une vraie star dans la Darasse, qui l’eu cru. Bouli Lanners messieurs dames, l’acteur/réalisateur Belges a accepté de jouer pour nous. D’une patience et gentillesse infinie. Gros merci monsieur.
 
Il s’agissait du festival 5 jours tout court, pendant lequel Bouli Lanners était venu présenté un film. Et aussi car son premier long métrage Ultranova sortait en salle, notamment au cinéma Lux où le festival avait lieu. Toujours est-il qu’il avait accepté de lancer le premier Marathon du court métrage de Caen, en présentant le thème: LABORATOIRE.
 
Ni une ni deux, Timothée propose de le prendre en guest. On lui demande s’il a le temps de participer à notre film, il répond oui, d’ici 20 minutes. Parfait, ça nous laisse le temps de prévoir les plans, afin de le libérer au plus vite. Ce qui m’a le plus marqué, c’est quand Bouli a écarté une indication de jeu et imposé la sienne. Là j’ai eu la sensation d’être un enfant et qu’il était un daron. En tout cas ça s’est super bien passé.
Comme le film était plus long que les 3 minutes autorisées, hors générique, nous avons trafiqués la fin pour faire débuter ce générique aux 3 minutes et ne pas être disqualifiés. C’est dommage pour le film, il mérite peut être un remontage.
 
En tout cas, pour cette première édition du Marathon du court métrage, j’ai gagné. Mais avec le film que j’avais réalisé tout seul.

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La darasse métaphysique

Les origines de cette Darasse me sont floues une fois de plus. Je me souviens par contre qu’il s’agit de l’époque où je faisais mon expérience « oreilles de Shrek » que je portais en permanence. Sur le plan à 2’08, au montage, j’ai réalisé que mon expérience me créait un trou dans les cheveux ! J’ai arrêté immédiatement.
 
Même si je ne me rappelle pas pourquoi nous sommes parties sur cette histoire, j’ai un souvenir plutôt précis des sensations. Surement car le film est très sensoriel justement. Il me plait toujours.

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J’ai participé au 1er marathon du court de Caen

Le festival du court métrage 5 jours tout court, à Caen, fût l’occasion cette année de faire participer les locaux d’une nouvelle manière. En plus d’être spectateur, un concours permettait de participer. Ouvert à tous, il fallait réaliser un film en 48h, sur un thème donné.
Voici donc ma participation. Qui a plu visiblement, puisque j’ai gagné. Héhé.

La thématique était: Laboratoire.

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Vunion Lautrec, chapitre 4 [100]

Comment n’avait il pu le remarquer d’emblée ? Avec son entraînement, sa formation intensive ? Décidément, tout allait de travers. Ce qui le frappa le plus, c’est qu’il avait réussit à identifier l’oreillette, sur le moment, mais que son cerveau n’avait libéré l’information consciente, qu’après les événements. C’est comme si une partie de son esprit lui refusait certaines données, et qu’elles ne remontaient que très lentement jusqu’à lui.

Arrivé dans son hall d’entrée, Flell gravit les merches de klocks 3 à 3. Il escalada une crotte de dahu posée devant la portière de sa chambre, descendit en rappel de l’autre côté et attrapa la clenche. Fugacement il vit le réseau électrique de son appartement, comme un schéma technique. Il ouvrit la porte.
Avec difficulté, car sa moquette était toute gonflée à cause de l’humidité qui provenait de l’appartement du dessus. Kuka, son voisin, était rapiculteur. Et de nombreuses fuites de sulfure-horizontal longeaient les murs jusqu’au sol. Après 25 minutes d’efforts répétés, il réussit à faire passer sous la porte l’épais tapis de mousse qui gondolait, et entra. Le sol, jonché d’une multitude de petits objets, était devenu la maquette d’une ville hétéroclite. Partout, de mini bonshommes et de mini véhicules de transport recréaient des scènes quotidiennes triviales. En outre, les tensions exercées sur le revêtement y avaient dessiné un paysage de collines vertes qui cernaient la ville. Cependant, malgré le désordre ambiant, et quand même au bout du chemin, il …

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Une darasse grammaticale

Les articles sont écrits pour mon nouveau site, en 2016. J’avoue que 11 ans plus tard, je ne me souviens plus de tout. Timothée, si jamais tu lisais ceci, peut être que tu peux éclairer nos amis sur les origines de cette Darasse. On traînait chez toi surement, et on a du commencer à jouer avec un dictionnaire…

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Vunion Lautrec, chapitre 3 [11]

La crêpe fumait encore si bien que le quadrupède se méfiait. FleIl avait tout de suite remarqué le très léger hérissement des poils sur les flancs ainsi que la dilatation des conduits auditifs.
Mais finalement l’animal partit avec sa pitance, caressant les feuillages de son pelage. FleIl concentra alors de nouveau son attention sur le couple à trois.
Ils étaient partis.
Comment avait-il pu les laisser échapper à cause d’une belette! Son rapport risquait d’en faire rire plus d’un. Non il se résolut à mentir, comme il le faisait de plus en plus souvent ces derniers temps, remarqua-t-il mentalement. Il finit la crêpe d’une bouchée, rangea le télescope et sortit vivement de ces buissons. Il remonta l’allée principale du parc tout en marmonnant ; quelques personnes se retournaient sur son passage, il n’y prêta pas attention.
C’est quand il atteint la route adjacente que le détail lui revint. Celui qui avait appris la nouvelle à Blanchette avait une oreillette ! Comment n’avait il pu…

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Comme une déliquescence

la sentinelle de ton cœur se présente sur le toit
elle souffle de l’hydrogène pulsé par de petits trous
mais alors le souvenir d’une vie gâchée lui remplit l’estomac de cendres de tomate
sa tête tourne, elle devient titubante et se craquelle
elle s’appuie sur son fusil de larmes qui coulent sur ses mains
l’humidité lui saisit les épaules et comble sa gorge
elle étouffe et vomit une flaque d’eau épicée
un premier puis un second genou à terre, une main lâche la crosse et se froisse dans le gravier
peu à peu le corps se déchire et pèse une tonne
il s’effondre et s’imbibe de son vomi salé
sur le flanc douloureusement puis sur le dos pour le repos
tout bascule dans l’esprit de la sentinelle, les couleurs se mélangent
un rayon lumineux jaillit d’entre les ténèbres du ciel et frappe son front

les yeux s’entrouvrent et le corps sèche.

LA SENTINELLE

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