EXT/ Interstellar, la surprise

Avis totalement subjectif, garanti sans spoiler

Quelle expérience inattendue ! Peut être parce que j’étais resté sur des déceptions de la part de Christopher Nolan. D’abord Inception, qui au fil du film perdait de son intérêt pour terminer sur une scène d’action sans saveur. Là où Matrix mettait en place un univers et un dispositif qui accouchèrent de scènes aussi incroyables que jubilatoires, le dispositif d’Inception tournait un peu à vide. Et plus récemment le Dark knight rises qui tombait dans les écueils que ses deux précédents opus avaient réussi à éviter brillamment: surenchère de gadgets, personnages vides, redite…

Bref, je n’avais vu qu’un teaser d’Interstellar un an plus tôt, juste assez pour me donner envie, mon esprit était dans les meilleurs dispositions possibles: sans attente, et sans même savoir de quoi il s’agissait.

Et pourtant, les choses s’engageaient mal, car après une bonne demi heure l’ennui commençait à poindre le bout de son nez. Même si j’appréciais que le film prenne le temps de s’installer, il commençait à ralentir et je ne voyais pas où il voulait en venir. Et c’est à ce moment précis que le film a décollé. Presque trop brutalement pour le coup. Car mon adhésion à ce qui se passait ne se faisait pas, c’était trop rapide. Mais après un petit temps pour reprendre ce train parti subitement, je fus emporté au point que les 2h50 s’envolèrent telle une étoile filante. Au générique de fin, j’avais la sensation qu’il ne venait de se passer que 20 minutes. Et j’étais comme détruit de l’intérieur, bouleversé pour avoir été emmené si loin et si fortement. Je ne me souviens même pas avoir vécu ça au cinéma dans ma vie.

Et malgré cela, le film n’est pas exempt de défauts, comme cette exposition qui s’allonge un peu trop et cet acte 2 qui part brutalement. Mais aussi une certaine naïveté ou quelques bons sentiments trop appuyés. Voire le besoin de Christopher Nolan d’écrire avec son frère un scénario qui soit si logique et rationnel qu’il empêche sur la fin le film de décoller jusqu’au rang de chef d’œuvre, au delà du divertissement. Comme savait le faire Kubrick que ce soit pour 2001: l’odyssée de l’espace ou Shining.

Au final, tout cela fut balayé par une aventure ébouriffante, scotchante, teinté de métaphysique. Waouw. L’arrivé du générique de fin fut un déchirement car je ne voulais pas que s’arrête cet instant, cette sensation. J’ai presque peur de le revoir et d’être déçu car la surprise ne sera plus là. A ne pas rater en tout cas, si possible au cinéma.

17/20

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