La main d’Alexandra m’a inspiré

TIBOUDMAIN

Je marche dans la rue, le soleil a son zénith.
Il y a pleins d’obstacles à éviter.
Pourtant, toute mon attention est portée sur une main.

Elle balance au bout d’un bras, mais ça ne m’intéresse déjà plus.
TOUT tient à cette main.
Elle ne semble pas affectée par sa propre inertie et fend l’air vivement.
Son mouvement de balancier est hypnotisant ;
il est de ces mouvements que l’on peut contempler hors du temps, car le temps s’arrête à leur contemplation.
Comme-ci cette main emportait toute la masse du membre sans le moindre effort.
S’en dégage une sensation de légèreté
qui tient tout autant à son agile fluidité
qu’à sa texture.
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Jukin 5

05. Ce matin, Jukin a trouvé un cadavre de coccinelle.

Il était en train de peindre ses volets et en attaquant une nouvelle fenêtre, il l’a découvert sur le rebord. Il était là. Immobile. Ses petits yeux sans expression le dévisageaient. Jukin, ça lui a fait un coup. Comme un poignard de glace dans le cœur. Tellement attristé, il décida de ramener la coccinelle chez lui. Il alla déchirer un petit bout de papier journal qu’il plia en deux comme une rigole. Ha ! ha ! Il la plaça devant l’animal et emprunt de toute la délicatesse du monde rassemblé, il la fit glisser dessus avec le bout de l’ongle. Les yeux exorbités de concentration, il ramena son petit trésor jusqu’à la table de chevet.

Soulagé qu’il n’y ait eu aucun incident, il s’étendit quelques minutes sur son lit pour se détendre. Remis de ses émotions, il fabriqua un mini coussin en velours vert pour lui rappeler les vertes plaines ainsi qu’un socle miniature en acajou pour l’y sublimer. Il ajouta 4 fines bougies rouges et deux rameaux de laurier. Il se mis en apnée et déposa le petit corps sur son coussin. Il eu un frisson car la scène était réellement poignante une fois les bougies allumées. Il alla chercher une goutte d’eau au bout d’une aiguille et la glissa entre les mandibules de la coccinelle. Elle fût absorbée rapidement. Jukin n’y croyait pas vraiment, mais il se dit qu’avec 1000 précautions quotidiennes et tout son amour, peut être que… quelque chose pouvait… enfin que tout n’était peut être pas…
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Jukin n°4, tout en réflexion

04. Ce matin, Jukin a vu son reflet dans le miroir.

Il ne comprit pas aussitôt de quoi il s’agissait. D’abord, il avait cru découvrir une vieille photographie autoportrait à un endroit de sa salle de bain où il n’avait jamais regardé. Mais le doute s’installa quand le portrait s’adressa à lui. Il mit une bonne demi heure à réaliser qu’il s’agissait de sa propre image. Et quand il la regardait, muet, elle lui parlait de son propre chef. Il n’osait pas engager la conversation avec ça. Il ne savait même pas comment appeler ce truc d’ailleurs. C’était quoi en fait ? C’était lui, enfin, sa gueule à lui, même sa voix. Mais ce n’était ni ses paroles, ni ses pensées. Pouvait il s’agir d’un lui d’un autre temps ? Il se décida à lui demander directement car il sentait qu’il était dans une impasse.

« _ Euh… ça…vous êtes un moi… d’un autre espace temps ? »
« _Uuhuuuhuuhuhuhhu… » lui fut-il répondu.

Jukin était scandalisé. Il se sentait arnaqué dans sa propre salle de bain et par sa propre image. Au moins il avait rapidement intégré ce principe d’image. Il se demanda subitement si c’est ainsi que les autres le voyaient. Est-ce qu’ils avaient chacun une image différente de lui ? Sans même le savoir, et sans même pouvoir le vérifier, les comparer les unes aux autres ? Et s’il était celui là même qui était le plus loin de la vérité avec son image depuis l’intérieur. Finalement, il était le seul à avoir cette image interne, tandis ce que tous les autres partageaient des images extérieures de lui, donc sans doute plus semblables les uns aux autres que la sienne. Alors quel était son lui fixe et absolu ? Il se dit qu’il ne réalisait pas complètement les implications de ses réflexions, mais aussi que ça valait mieux pour lui. Il revint à ‘ça’ et décida de l’appeler ‘Image’.

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Jukin 3

03. Ce matin, Jukin s’est souvenu de la veille.

C’était une journée extraordinaire. Une de celles dont on se souvient. Une pour laquelle on laisse filer les suivantes uniquement à se remémorer comme c’était parfait. Dès le réveil, les choses s’étaient enchaînées à merveille. Un soleil rayonnait dans son cœur. Le petit dej’ fût pris devant la fenêtre grande ouverte afin de profiter de l’odeur de l’air. La saveur du jus d’orange pressé et des tartines grillées à la confiture de framboise n’en était que meilleure. Habillé légèrement, il sortit faire un tour dans le parc tout près de chez lui. Il souriait en voyant des chiens ramasser des balles, des enfants tomber ou de jeunes amoureux s’embrasser.

Il trottina gaiement à travers les allées jusqu’à ce que les cris d’enfants et les rires de mamans ne s’estompent. Il rejoignit la ville et tourna à un coin de rue. Un bonhomme était coincé dans une grande boîte invisible. Il tenta de l’aider et réalisa alors qu’il s’agissait d’un mime. Ils rirent tous les deux quand il lui rendit son bras. En fait, il y avait un festival de théâtre de rue. Jukin pu y profiter des jongleurs en tenue de bobsleigh, des clowns sans nez rouge et des chanteurs à la petite semaine. Ca respirait la joie de vivre. Toujours le sourire aux lèvres, il décida de se remplir le ventre. Il trouva une crêperie déserte et s’installa tout au fond. On pouvait y confectionner ses crêpes personnalisées.

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3 commentaires
Anonyme:
super, on dirait un scénar de Nikko, mais oui vous savez, ce cinéaste Normand...

Mr. Urfer

Tim:
et tiens, un lien qui n'a rien a voir, je te conseille cosmos elle est mortel:
http://www.myspace.com/candytronic

Tim:
elle est bien la fin, on dirait une happy end comme on les aimes...

Jukin 2

02. Ce matin, Jukin a eu envie de jouir debout.

Il ne sait pas trop ce qui lui a pris, cependant, il ne pouvait pas s’enlever cette idée de la tête. C’est peut être cette énorme érection matinale qui l’obsédait. Mais vraiment, il n’avait jamais vu sa verge dans de telles proportions. Ça l’inquiétait presque. Et si c’était une maladie dégueulasse. Une fois douché et son pénis revenu à une taille normale, il ressentait encore le besoin de se laver. C’est ce sentiment qui lui inspirait de la crainte. Celle d’être envahit par un agent infectieux. Il s’imaginait des bêtes terribles le parcourant dans les plus petites parcelles de tissu organique le constituant.
 

Il se mit à se jeter en l’air, en effectuant des vrilles folles. Comme s’il voulait sortir de lui même, pour se débarrasser de ses aliens. Une fois qu’un mal de crâne insupportable l’eut paralysé, il se calma et s’imposa de rationaliser : « je suis rempli de microbes et ils me sont vitaux de toute façon. » Il n’était pas réellement soulagé, mais ça lui évitait de paniquer aussitôt. L’envie lancinante de jouir debout lui revint encore. Et cette fois sous un jour nouveau. Il y voyait aussi un moyen de se débarrasser de sa maladie. La violence de l’éjaculation, comme une explosion salvatrice, emporterait avec elle les germes malfaisants. Il jubilait. Mais soudain, un doute s’insinua. Son érection fabuleuse reviendrait-elle ?
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4 commentaires
nikubik:
je suis contre la reproduction

romuluxx:
Évidemment je commente la deuxième, j'essaierai de revenir régulièrement suivre les aventures palpitante de Jukin. Un personnage qui sent le vécu...

Mido / Laura:
Quel suspens !! ^_^

Simon Dronet:
ouf

Un film qui brille

A la base, le prétexte d’un défi forum (réaliser un film pour le forum vidéo qui a lieu un mois plus tard) sur le thème ‘Do you have the shine ?’ Une envie de réaliser un film avec Benoît Lemennais. Encore une fois on regroupe tout cela. Nous nous sommes rapidement écarté du thème pour aller dans des directions qui nous parlent plus, comme l’enfermement, la vacuité d’un travail inutile. Au final il reste du thème uniquement le choix de ce mot: shine.

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Lancement d’une série de nouvelles: JUKIN, à la vie, à la con

01. Ce matin, Jukin a eu l’idée de faire son site internet de collection de viandes.

Ca commence à sentir dans la cuisine. Une odeur de moisi et de pâte à tartiner. Il en a marre de glisser dans le petit jus rouge qui s’est répandu en flaques sur le carrelage. Alors il revient du magasin d’informatique où le gars lui a vendu tout un matériel inutile et déjà à moitié obsolète. Mais il ne peut pas se débarrasser de toute cette barbaque simplement en la jetant. Pour cela, il a besoin d’abord d’en capturer l’existence. Et même de partager sa fascination. L’Internet lui semble le meilleur moyen.
 

Polaroid à la main, il flash tous ces morceaux mi sanguinolents, mi mousse végétale. Il met un quart d’heure à allumer tout l’équipement d’informatique. Puis, comme le mec lui a indiqué, il insert la disquette griffonnée au crayon : création de site. Tout un tas de fenêtres et d’affichages clignotent devant ses yeux. Il ne comprend rien. Alors il tape au clavier en suivant son instinct. Il regrette un instant de ne pas avoir acheté de souris, mais la facture aurait dépassé son pouvoir d’achat. Finalement un buzz le ramène à l’écran qui affiche : site créé. Jukin n’en croit pas ses globes oculaires. Il a réussi !

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2 commentaires
laurianne:
Faut qu'il garde patience et qu'il mette de bons mots clés pour être bien référencé le Jukin.
Tiens j'ai envie de taper "collection de viande" dans google !

Anonyme:
D'autres que toi ont eu la même idée Justin !!
Faire partager leurs bouts de barbaques !! ce sont des serials killers ! ha ha ha ha ha ...

Neels

Du regret

plante

toi tu es une belle plante, toute jolie avec une fleur
déjà épanouie mais qui ne demande qu’à grandir

moi je t’avais préparé un grand pot avec de la terre
mais j’avais aussi oublié l’essentiel
si bien que je t’ai laissé dans le grand pot
sans t’arroser

tu t’es rabbougrie et heureusement avant de devenir toute fanée
tu es retournée dans ton petit pot ou tu as pu reprendre des forces

et moi je suis seul maintenant, avec mon grand pot plein de terre

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