Ajout de l’opus 5 dans la série des Grigrous.
Ce sont des dessins réalisés par la répétition d’un motif de ‘pont’, jusqu’à ce que mort s’en suive.
un vidéaste et ses dérives
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Ajout de l’opus 5 dans la série des Grigrous.
Ce sont des dessins réalisés par la répétition d’un motif de ‘pont’, jusqu’à ce que mort s’en suive.
Voici une série de dessins réalisée par la simple répétition d’embranchements, jusqu’à ce que mort s’en suive.
La voix de la grotte se voit enrichie d’une nouvelle excroissance: les voyages. J’ai la chance de surveiller des expositions d’art, donc d’explorer régulièrement des univers visuels très différents. Dans lesquels on peut facilement se raconter des histoires. C’est ce que j’entreprends ici, avec ma femme transformiste, en Italie.
Laisser un commentaireC’est naturel, on est tous des picassos à la naissance. Comme nager, on sait tous à la naissance, après on oublie…
Ce matin, Jukin s’émerveille.
titre proposé par Marion
Dans ce coin, ce sera parfait. Le séjour manquait d’un fauteuil spectaculaire, alors Jukin avait rendez-vous à l’abattoir. Johnny, le directeur, dont il avait fait la connaissance à un salon de viande, lui avait promis les plus beaux os. Car il désirait se faire un magnifique fauteuil en os. A son arrivée, il fut présenté à Dévine, un nouvel employé à qui le directeur faisait une visite détaillée. Jukin joint la visite.
Dévine était très drôle, malgré lui. Il avait quelque chose de mignon, trop mignon, ce qui inspirait la pitié. Et mêlé à cela des dents horribles et une démarche atrophiée. Jukin pouffait de rire intérieurement, ce qui le distrayait d’ailleurs pendant cette visite si ennuyeuse. Ses os. C’est tout ce qu’il désirait. Patience.
Johnny, ce grand type costaud comme un taureau, les amena à la salle des carcasses. Jukin demanda s’il était vraiment nécessaire d’aller jusque là. Mais le directeur devait tout montrer à son employé, alors il leur emboîta le pas. La porte épaisse découpée dans un métal mat vert bouteille était percée d’un tout petit hublot. Pourquoi étaient-ils toujours aussi mesquins sur les hublots ? On devinait à peine les quartiers suspendus. Jukin entra derrière Johnny qui lui cachait la vue.
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Ce matin, Jukin ghgahhgegrdrghjgh.
titre proposé par Tim
Un profond enthousiasme bouillait en lui. Comme des spasmes de joie dans tout le corps. Il avait hâte. Cependant, il ne savait pas de quoi. Aucun futur évènement inscrit dans son calendrier ne pouvait engendrer d’envie particulière. Ses mains s’agitaient frénétiquement quand les bouffées de bonheur débordaient. Une énergie raisonnait en lui.
Poussé par cette motivation, il s’installa à la table du séjour devant le coffret vitré de sa collection de peignes. Depuis longtemps, il devait les dépoussiérer et remettre un coup de neuf au coffret. Après avoir ôté la vitre, il les sortit un à un et les déposa bien alignés sur la table. A l’aide d’une époussette aux plumes délicates, il frotta la poussière qui se déposait en tas. D’une allure dynamique, il accumula un joli monticule, lorsque sa motivation disparut. Il n’était pas abattu ni déprimé, mais ne ressentait plus cette ondulation de plaisir qui le poussait à agir si facilement. La remise en état de son coffret ne lui apparaissait subitement plus indispensable ni agréable à faire.
Laisser un commentaire26. Ce matin, Jukin est sourd-muet.
(titre proposé par Marion)
Étrangement, aucune palissade, aucun grillage ou barbelé pour retenir les curieux. Jukin s’avança, méfiant. Outre les machines qui s’affairaient bruyamment, un bassin central était dégagé, depuis lequel un immense tube horizontal partait. A son entrée, une jeune femme aux cheveux blancs portant une blouse bleue de laboratoire, semblait monter la garde. Personne d’autre n’étant en vue, il se dirigea droit sur elle. Fatigué, il avançait lentement.
Toute la nuit, le vrombissement de la grue, réveillé. Les saccades du marteau piqueur, encore réveillé. Le fracassement du bulldozer, toujours réveillé. Le petit matin avait fait son entrée en scène et il avait eu cette désagréable impression de ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Comme traversant un désert de sommeil pour finir épuisé sur le rivage du jour. Pour couronner le tout, sa tête était prise dans un étau de douleur.
Sur les chantiers ils engageaient systématiquement une équipe supplémentaire de types qui venaient de tellement loin, qu’ils se levaient là bas quand on se couchait ici. Le vacarme infernal avait été incessant depuis la veille. « Et pour construire quoi d’ailleurs ? », s’était demandé Jukin. « Qu’est ce qui les poussaient à cet acharnement ? » Il était alors parti découvrir ce qui valait qu’on lui gâche sa paisible existence.
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25. Ce matin, Jukin marche à l’envers.
(titre proposé par Violaine)
Tout avait commencé au sortir du lit. Une seconde d’inattention, une légère variation d’un facteur imperceptible, une ombre encore planante sur son inconscient ou une simple poussière du hasard l’avait amené ce jour précis, à cet instant crucial, à se lever face à son lit. Le contraire de son habitude. Malheureusement, le poids des rituels l’avait aussitôt raccroché au rail du quotidien, avant même qu’il ne se retourne. A peine redressé, il s’était mis à marcher en direction de sa salle de bain, comme tous les matins. Les automatismes reprirent le dessus, mais il marchait à l’envers.
Décalé de 180° jusqu’au matin suivant, il décida qu’il passerait tout de même sa journée normalement. Avant de s’engouffrer dos au salon, il prit la précaution de se confectionner une affichette. Placée judicieusement, elle l’empêcherait de rééditer la même erreur le matin prochain.
Jukin se sentait téléguidé par son corps, bien que tout se passât évidement dans sa tête. Pour effectuer les gestes quotidiens les plus simples, il devait mettre sans cesse à l’épreuve la souplesse de son buste. Ainsi, il avait l’impression que son intérieur était très mal conçu, que tous les objets étaient justement disposés là où ils étaient le plus difficiles à atteindre. Son propre corps lui faisant toujours obstacle. Il trouva un seul avantage à marcher à l’envers : Lorsque l’on se cogne, ça fait moins mal sur les fesses que sur le nez.
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24-2. Ce matin, Jukin se vole à main armée.
(suite et fin)
…
On le ramena chez lui avec beaucoup de déférence et 1000 excuses, ce qui ne fit qu’augmenter son courroux intérieur. Il avait déjà prévu d’exploser un des entrepôts militaires. Le gouvernement était tellement embarrassé qu’ils ne l’avaient pas reconduit à l’arrière d’une fourgonnette, comme le prévoyait la procédure de sécurité, mais en simple passager d’une jeep camouflage. Il avait ainsi pu mémoriser la route jusqu’à cette base secrète. Après avoir repoussé l’idée de vendre ce renseignement, il se prépara pour son opération.
Comme dans un film, il lança une musique rock du tonnerre et regroupa son matériel. Au sommet dramatique de la chanson, il enfila sa tenue, calé sur les gros riffs de guitare : rah ! serrer la ceinture, rah ! enfiler un gant, rah coller le scratch d’une chaussure de cuir noire à coque métallique profilée. Et pour l’accord final, il passa une cagoule.
Le jour commençait à peine à décliner, mais il voulait faire ce voyage à pied. Aucune base militaire secrète ne prévoyait qu’un homme seul débarque en pleine nuit pour l’attaquer. Ce qui lui faciliterai les choses. Il n’eut aucun mal à retrouver le chemin, et arriva juste à la nuit.
Laisser un commentaire24-1. Ce matin, Jukin se vole à main armée.
La porte de sa chambre claqua. Il se réveilla en sursaut et aperçu l’heure avant d’être bâillonné. 8h50. Dix minutes avant que son réveil ne sonne. Deux hommes le ligotèrent et le transportèrent, tandis qu’un troisième ouvrait et fermait les portes. Il avait aussi à charge l’observation, afin qu’ils restent totalement furtif. Le jour pointait à peine, mais quand ils l’emmenèrent à l’extérieur, Jukin put apercevoir leurs tenues militaires, à la faible lueur du soleil encore bleu, avant d’être jeté à l’arrière d’une camionnette sombre.
Le voyage fût pénible, car sa position, les mains attachées dans le dos, était très inconfortable. Son épaule droite se meurtrissait contre les reliefs métalliques du plancher, à chaque à-coup du véhicule. Quand les virages étaient serrés à gauche, ses mains s’écrasaient contre la paroi à cause de son propre poids. De plus, un massif fusil mitrailleur pointé entre les deux yeux, persuadait le train du sommeil de ne pas faire arrêt à la station Jukin. Il ne put même pas somnoler.
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