Vunion Lautrec, chapitre 13 [1101]

Il lui rendit un sourire qui se figea aussitôt quand il vit que le rose ambiant virait au vert émeraude. Ce phénomène assez anodin somme toute, le fit paniquer. Il se prit la tête à deux mains et enfonça ses paumes dans ses yeux. Il frottait très fort et rouvrait les yeux de temps en temps, afin de vérifier que sa vision continuait à lui jouer des tours. Quand tout fut vert, il chercha à se calmer en respirant profondément. Ce ne fut que la main qu’elle posa sur son épaule qui le rassura complètement.

-Ce n’est qu’un colorant de vision, je sais qu’on en parle peu car les gens n’y voient aucun intérêt, mais c’est sans danger prouvé. J’avais peur que mon intérieur vous lasse.
-Votre intérieur ne me lasse pas, mais je suis heureux de faire cette découverte.
-Il existe d’ailleurs une infinité de coloris, puisque vous pouvez faire les mélanges vous-mêmes ! C’est assez drôle à l’usage, et ça vous évite de déprimer si tôt venu les premiers jours de l’hiver dans nos contrées. Bien sûr si nous habitions en Guadeloupe… Il y a même un bloqueur chimique, afin de vous empêcher de créer un colorant noir opaque, qui vous rendrait instantanément aveugle. Et comment serait-il possible de faire une nouvelle préparation, pour se tirer de ce mauvais œil, une fois devenu aveugle ?!
-Je vois qu’ils ont pensé à tout.
-Ils sont assez forts, ce sont des pros.
-Mais étant un professionnel aussi dans mon domaine, je ne vous lâcherai pas d’une santiag.
-J’avais compris cela en vous voyant arriver. Mais je suis désolée de vous décevoir, mon moral est au plus haut, et ce, sans utiliser de colorant, malgré la grisaille ambiante. J’ai tout de même prévu un lit d’appoint car je n’ai aucunement envie de me fâcher ou d’user de violence contre vous.
-C’est aimable.

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L’univers de la Darasse Production en photos

Le DVD est sorti depuis un moment, alors je me permets de diffuser ses contenus, que le plus grand nombre puisse en profiter. Aujourd’hui il s’agit de photos, avec le diaporama spécial Darasse.

 

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Vunion Lautrec, chapitre 12 [1100]

Elle était déjà au bout de l’allée quand il remarqua qu’elle était partie. Décidément, il avait perdu beaucoup de ses facultés récemment. Surtout que les capacités d’observation et de concentration, faisaient partie des attributs principaux de sa fonction. Alors ne pas voir la femme à laquelle on s’adresse s’enfuir, en tout cas s’en rendre compte une fois qu’elle n’était plus là, devenait vexant, humiliant, et surtout inquiétant.
D’ailleurs, après avoir accusé le coup, il se mit à raisonner de façon plus pragmatique et donc plus efficace. Il en vint à la conclusion que même si ses sens s’étaient émoussés, l’évènement qui venait d’avoir lieu n’était vraisemblablement pas possible. Il s’était passé quelque chose d’important et de nouveau. Et en y réfléchissant bien, il avait ressenti un trouble devant cette femme. Un trouble profond, si profond qu’il ne s’en était pas rendu compte. Une sensation douce dans son for intérieur. Des dégradés de rose, le long du doigt. Il n’était donc pas dans son état normal, un voile translucide l’avait recouvert. C’est ainsi qu’il avait pu la laisser échapper. Il était rassuré à cette idée, mais il ne devait pas perdre de temps.
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Vunion Lautrec, chapitre 11 [1011]

Les médecins miroirs sortaient de la chambre quand il lâcha un : « Tas de cons. »
Lui-même mit sa main sur sa bouche car il comprit l’erreur qu’il venait de faire. Je … non … oui … et puis merde, c’est moi qui ait dit ça. Je sais que c’est interdit mais ça m’a échappé. Vous faites tout pour qu’on en arrive là, et vous le savez très bien. C’est de la provocation. Vous en profitez car vous êtes intouchables, c’est facile. Si vous étiez si fort vous n’auriez pas besoin de cela. C’est un signe évident d’impuissance de votre part, vous jouez les malins dans votre petit monde mais si vous osiez sortir vous ne seriez plus rien, les gens vous riraient aux fesses et hurleraient parfois juste pour vous faire peur. J’ai grandi dans une salle à surréunion et je sais le mal que vous faites. Et tout ça par crainte des autres, par égoïsme et abus de pouvoir. Vous vous cachez, vous vous terrez même, ici, à l’abri dans votre bulle minuscule. Mais attention, j’ai une mission, ma fonction est de sauver une vie. Cela peut paraître ridicule, misérable, une vie dans le fourmillement terrestre. Cependant je ne vous laisserai pas m’empêcher de remplir mon contrat, de faire ce pour quoi j’ai été conçu. Car si une vie ne compte pas à vos yeux, aucune vie ne compte, et vous ne mériteriez pas d’exister. Je ne peux pas vous laisser considérer le monde ainsi, alors oui j’ai dit « tas de cons » mais vous allez me laisser gentiment sortir, sans faire d’histoire, je suis déterminé.
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Vunion Lautrec, chapitre 10 [1010]

Elle faisait défiler devant ses yeux les images de son passé avec son mari, lorsqu’elle aperçut une tâche très étrange sur la moquette jaune. C’était une sorte de reflet, comme la surface d’un miroir qui ne fait que renvoyer votre propre image ; mais au lieu de réfléchir la lumière, cette matière l’aspirait et la propulsait dans les profondeurs du sol. Si bien que Blanchette, en se penchant en avant, aperçu …
LE FUTUR.
Nan, ce n’est pas ça. Le …
PASSE !!! Non plus. En fait, elle aperçut une zone dans laquelle la notion de temps n’existe plus, même pour les êtres humains qui l’ont créé. Ce qu’elle vit, existe, est là, est présent à tout moment, pour toujours. Et même, selon notre point de vue étroitement humain, jamais. Puisque cette matière n’a pas de temps, elle n’a pas non plus d’espace ; les deux étant indissociables. Si bien que la notion de vitesse était ignorée de ce lieu. Une vitesse ne peut se définir sans un référentiel spatial. Ici, ni temps, ni espace, la vitesse n’a aucun sens. Comme notre vitesse par rapport à la pièce dans laquelle on se déplace n’existe pas par rapport à notre corps. Blanchette en eu vite marre de ces réflexions stériles, c’est-à-dire compliquées pour rien et frotta cette tâche mystérieuse jusqu’à ce qu’elle disparaisse entièrement. Un lieu sans espace ni temps disparut avec.
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