Une interview par le site Eklecty-city

Le site de pop-culture orienté geek Eklecty-city consacre régulièrement une chronique aux créateurs de Dailymotion: Le talent au quotidien.  Je ne sais par quel biais, ils ont découvert le Voxel et ont décidé que je serai le 16ème Talent au quotidien. Je précise que j’ai répondu de manière globale aux questions, et non pas seulement par le prisme du Voxel. Vous pouvez retrouvez l’entretien ici même:
 


 
Afin de pérenniser la chose, je me suis permis de reproduire le texte ici:
 

Bonjour Nicolas, dans le cas où il y aurait des internautes ignorant ton actualité, présente toi en quelques mots et rappelle-nous ton parcours (formation, les gens avec qui tu as été amené à travailler).

Nicolas : Bonjour les amis de l’internet. Je suis principalement autodidacte, car j’ai commencé à 13 ans à filmer des déconnades avec mon frère et les amis. Ça me plaisait vraiment, au delà de la rigolade. Rapidement j’ai eu envie de développer tout ça, en écrivant de petits scénarios.
Et j’ai continué jusqu’à ce jour.

Des courts métrages, un long métrage (toujours en montage), des émissions/rubriques. On peut ajouter pour la partie théorique une licence arts du spectacle (option cinéma) que j’ai faites à Caen et où j’ai rencontré d’autres vidéastes. Notamment Timothée Fallet (qui a arrêté depuis), Benoit Lemennais (qui est plus dans le spectacle vivant maintenant) et Simon Dronet avec qui j’ai réalisé la mini série Sonson récemment.

Qu’est ce qui t’a donné ta vocation ?

Nicolas : Deux choses:
Les inconnus, car on a commencé en faisant des sketchs vidéo qui s’inspiraient beaucoup de leur humour parodique.
Et puis toutes ces choses que je trouvais mal faites dans les films, me motivant à en faire moi-même.

Quelle a été la réaction de tes proches ?

Nicolas : Je me souviens extrêmement bien, en cours (au collège il me semble), une conseillère d’éducation était passée. Elle avait demandé si on savait ce qu’on voulait faire plus tard. J’avais levé la main, et m’étais retrouvé à annoncer devant toute la classe (j’étais un élève très timide): « je veux être réalisateur ».

Ça avait déclenché une sorte de frémissement auquel je ne m’attendais pas du tout ! La conseillère m’a alors demandé de venir la voir plus tard dans son bureau. Mais comme j’avais peur (pourquoi?) et que je sentais que c’était pour m’en dissuader, je n’y suis jamais allé. Elle n’a jamais donné suite non plus.
Mes parents ça leur faisait peur. Alors ils m’ont incité à faire un DUT informatique, une voie très porteuse à l’époque, afin de les rassurer. Au final je suis quand même sans emploi. Ils sont toujours inquiets pour moi.

Quelle sont tes sources d’inspiration ?

Nicolas : J’aime en distinguer deux types.
D’abord il y a tout ce que l’on vit, voit, ressent, lit… Toute cette matière, brassée et filtrée par notre cerveau. C’est là que des connections se font, que les idées germes. Quelque soit le mode de création. Là dessus, il est difficile pour moi de dire ce qui m’inspire précisément. Mais mon environnement (vivre seul dans un F1, sans emploi), les livres que je lis, les scènes que je vois dans la rue, ont forcément une grande influence sur ma création. Il faudrait mettre au point une machine capable d’analyser tout ce qui passe par mon système nerveux pour en déduire des aspects précis.

Heureusement, il y a aussi toute la part consciente, délibérée de l’inspiration. C’est à dire pour moi les vidéos et les films qui me marquent, où j’y vois une séquence de montage, une façon de narrer géniale. Pour le long métrage que j’essaie de terminer, il y a eu Pi de Darren Aronofsky, et La féline de Jacques Tourneur. Mais je ne suis pas certain que les films que l’on aime nous influence toujours. Je me suis rendu compte que je ne faisais pas forcément les films que j’aime regarder.

Quelle est ta première expérience de tournage ? Comment cela s’est passé ?

Nicolas : Si on exclut les premiers délires improvisés, il s’agit de Furtivité en 2000. Ça s’est relativement bien passé. C’était encore dans un contexte de potes. Par contre j’avais appris inopinément que mon frère avait décidé d’être remplacé par un ami pour jouer le rôle. Au pied levé. Ce qui était désagréable bien sûr. En plus je l’avais choisi précisément pour ses qualités athlétiques, car c’était un film de course futuriste (!), et l’ami en question n’était pas très dégourdi à ce niveau là. J’ai quand même obtenu ce que je voulais au final.
Mais j’ai été de nouveau déçu plus tard, encore par un acteur qui me lâche. Je n’ai pas de chance à ce niveau là et malheureusement ça me pousse souvent à travailler seul, car je sais que je peux compter sur moi.

Quel a été ton meilleur moment de réalisation ? Le pire ?

Nicolas : Le meilleur moment: à chaque fois que le dernier plan est dans la boîte. Le soulagement d’avoir tout ce qu’il faut. Sinon, plus précisément j’ai tourné une fois avec des enfants, et quand tu captures un peu de cette spontanéité, ça fait très plaisir. J’ajouterai aussi quand j’ai gagné le premier marathon du court métrage à Caen et que mon film a été diffusé en immense dans la grande salle pour clore le festival. Comme je suis monté sur scène pour la récompense, les gens sont venus m’interroger sur le film ensuite, car il était un peu bizarre. C’était assez génial.

Le pire se serait quand la petite fille a peur de retourner dans l’ascenseur et quelle se braque. Là tu te dis merde, est-ce que je vais avoir le minimum de plans pour mon montage ? Surtout dans les conditions de stress où je tourne pour le moment, c’est à dire sans budget, pratiquement seul à tout faire. Il n’y a pas de contrat, généralement un seul créneau pour tourner.

Quelles sont, dans tes vidéos, celles qui te semblent les plus intéressantes, qui te tiennent le plus à cœur, et pourquoi ?

Nicolas : Pas évident de répondre pour moi, car cela fait 7 ans que je suis sur le montage d’un long (!) et que je m’interdis de réaliser d’autres films. Donc mes derniers « vrais » courts métrages sont loin.

En cherchant un peu, je dirai que La plaine de Vunion en 2004 a été un beau moment. C’est un film que j’ai réalisé pour une soirée de courts métrages, donc j’avais une date butoir. Forcément le film a vieilli mais j’aime toujours sa folie, la façon spontanée dont je l’ai filmé, ainsi que la bonne réception qu’il a eu.

Sinon j’aime bien les films que j’ai réalisé pour le marathon du court métrage de Caen. Un moyen rapide de découvrir mon univers. Ce sont des films de 3 minutes, donc c’est vite regardé. Ils sont très variés en thématique et style. Je suis content de ce que j’ai obtenu avec les contraintes de 48h et des thèmes imposés. Ce sont vraiment des conditions particulières d’intensité, qui font ressortir quelque chose de spécial en soit. Notamment le film hXc pour le marathon 2008 a eu son petit succès, et j’ai pu y utiliser une musique qui me tient à cœur: le hardcore.

Plus récemment Tissu, réalisé à 3. Encore en 48h, c’était pour un marathon Néo-zélandais. On avait tiré au sort « film de fin du monde » comme contrainte, et nous sommes content de l’ambiance que l’on a réussi à créer, sans moyen, à Caen en Normandie.

Un mot sur ton actualité ? Tes projets en cours ?

Nicolas : Tous les mois on réalise un Voxel avec mon frère. C’est une émission de test de jeux vidéo, en mode rigolade, toujours introduit par un court métrage. Mine de rien, ça me permet de garder la main et de tester des choses. Comme les thèmes et styles des jeux sont très variés, les intros qu’on réalise le sont aussi.

J’essaie de mettre à jour La voix de la Grotte. Ce n’est ni plus ni moins que du blogging vidéo de ma vie. Je suis surpris de voir que des gens que je ne connais pas aiment et en réclament.

Sinon je suis toujours en montage de mon long métrage bizarre Les Tigres. Mon dieu, je l’ai tourné en 2004 ! C’est insensé de se mettre tout seul dans une telle galère. Je compte le finir en 2014. Le plus gros est fait, mais il reste toute la bande son à faire, car à l’époque je n’avais pas de matériel. J’ai déjà deux films entièrement tournés qui attendent d’être monté une fois Les tigres enfin derrière moi.
Tout ce que je fais est centralisé sur mon site http://nikubik.com

Quelles vidéos affectionnes-tu sur Dailymotion ? A quel autre Motionmaker souhaiterais-tu voir poser ces questions ?

Nicolas : Je regarde rarement des vidéo à partir de la plate-forme directement. Je voyage entre des blogs et sites qui balancent des vidéo, alors je ne fais pas forcément gaffe d’où elles viennent. Par contre j’apprécie beaucoup le fait que Dailymotion soit une plate-forme francophone, qui mette en avant des vidéos « d’inconnus » avec son système motionmaker. Cette fameuse exception culturelle. Je trouve ça important que Dailymotion existe, même si ce doit être dur face à Youtube et Viméo.
Simon Dronet est tout désigné pour répondre à ces questions. En plus ce serait drôle car nous avons répondu récemment tous les deux à une interview pour la mini série Sonson que nous avons réalisé ensemble.

Que voudrais-tu dire à tous tes fans et aux prochains ?

Nicolas : Je ne sais pas du tout me vendre. Je crois que j’ai un problème de confiance en moi et en ce que je fais qui doit me pousser à être trop discret. Alors je dirai timidement que si vous aimez ce que je fais, partagez le. Je ne fais pas la course aux vues, mais c’est un bon indicateur de ce qui intéresse les gens. Et avec de la visibilité, ça peut ouvrir des portes. En plus ça fait extrêmement plaisir et ça motive. D’ailleurs j’ai souvent des commentaires étonnés du petit nombre de vues ou d’abonnés que j’ai par rapport à la qualité qu’ils trouvent à ce qu’ils voient. Parlez en si vous plait :)

Pour terminer, quelle question aurais-tu souhaité que l’on te pose et qu’aurais-tu répondu ?

Nicolas : Y-a-t-il une vie après la mort ?
Réponse: non. Vivez maintenant, pas demain.

 

Propos recueillis par Thomas O. pour Eklecty-City.fr et Dailymotion, qui remercient Nicolas de s’être prêté au jeu d’une interview.

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