La Darasse c’est la liberté, notamment de faire ce qu’on ne sait pas faire, comme par exemple de la musique. Le 14 septembre 2005, en vue de réaliser les bonus du DVD de la Darasse, nous avons filmé un concert privé, avec à la batterie: Prune Fallet, accessoirement sœur de Timothée Fallet. Comme par hasard une caméra tournait à ce moment là, voici donc le résultat.
Laisser un commentaireAvec Simon on a fait un film
La bonne époque des films faits spontanément. Quand on se voyait entre amis, c’était parfois l’occasion de faire un film. Ici avec Simon Dronet, un soir comme ça, on est partie d’une idée de système comme je les affectionne et zou. Action!
Laisser un commentaireVunion Lautrec, chapitre 8 [1000]
Il enfila sa tenue et repensa à Blanchette. Mince alors, il faut lui filer le train !
Flell consulta le petit livre rouge : Page13, elle est à la déchetterie. Après avoir calé l’ouvrage sur son épaule, il jaillit dans la rue.
L’endroit était très propre. Le tout, niché dans un vallon verdoyant d’un vert vif, offrait une oasis de repos. Ainsi de nombreux badauds venaient flâner après un travail bien mérité.
Elle était bien là, habillée tout en marron. Ça ne lui allait pas du tout, mais ça ne le regardait pas non plus. On ne peut pas dire que son pantalon ocre, sa chemise d’un beige commun et sa veste en toile bleu foncé était de meilleur goût. Mais ni lui, ni elle, n’y pouvait quelque chose, leur fonction l’imposait.
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La Darasse SDF
Encore une fois, je n’ai plus le souvenir de l’idée au départ du film. Par contre je me souviens m’être senti sale à traîner comme ça toute la journée, en bavant dans ce foutu harmonica. Les rencontres étaient marrantes, et comme nous avons filmés sur plusieurs jours, j’avais la sensation d’être nomade réellement. Et ça ne me plait pas :). Par contre, même s’il fût compliqué, je me suis pas mal éclaté au montage. On a aussi réenregistrer de la musique spécialement pour certains passages. Plutôt intéressant comme expérience. Mais pensez à bien payer votre loyer les enfants.
Laisser un commentaireVunion Lautrec, chapitre 7 [111]
Etrangement, il sentit aussi du mouillé au niveau de son bas ventre. Il baissa les yeux pour vérifier, mais oui, il était en train de se faire dessus. Du pipi. Plein sur lui. Il sentait le liquide chaud se répandre le long de ses cuisses et remonter légèrement sous son nombril. Comme il était assis en tailleur, le liquide s’accumulait dans une sorte de cuvette formée par ses cuisses et ses hanches.
Le plus étrange demeurait cette sensation double que Flell éprouvait. A la fois du plaisir, à se laisser aller ainsi à savourer la douce et confortable chaleur de l’urine. Mais aussi un malaise, à ne pouvoir se contrôler et à se sentir tout humide. Sans parler de l’odeur de crèche qui lui montait aux narines.
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Vunion Lautrec, chapitre 6 [110]
Mais soudain il sentit un pic.
Très piquant. Il fut blessé dans son amour propre qu’il retourna, le maintenant aux épaules, et serra au cou. Il suffoqua. C’est à ce moment qu’il put se focaliser sur le pic piquant : la lance de son espadon empaillé. Il avait oublié jusqu’à son existence, malgré les bons moments passés ensemble. Il balaya la nostalgie d’un revers du front et le sortit de la fine boue qui l’avait à demi enseveli.
C’est là qu’il retrouva son livre rouge. Soussur l’espadon. Mais comment aurait-il pu retrouver un objet, accolé à un autre dont il n’avait plus le souvenir ? Il remercia la providence et tira l’ouvrage d’un coup sec.
Quelle drôle de sensation. Cet objet lui était tellement proche et éloigné à la fois, la scène lui parut irréelle. Les souvenirs étaient si nets, si brillants qu’il n’avait pas besoin d’ouvrir les yeux pour matérialiser le livre. Si bien qu’en le tenant dans la paume de sa main, sa main devenait un souvenir, et par extension lui aussi. Il était tiré hors de lui et le visage écrasé face à un miroir, dans le même instant.
Toutefois, à force de le tripoter, de le caresser, de l’observer sur toutes ses coutures, il lui rendit son aspect trivial et put se retrouver lui-même. Une dernière réminiscence de souvenir lui rappela alors le fonctionnement du livre rouge qui ne s’ouvrait pas par la tranche, mais par une grosse couture verticale sur la couverture. Il y enfonça la main.
Il faut en tirer le maximum, souffla-t-il à travers les gouttes de pluie qui lui tombaient du pommeau de la douche.
L’intérieur était noir, sec, inerte : du vide. C’est ce qu’il cherchait. Etrangement, il sentit aussi…
Laisser un commentaireColine m’a inspiré
ZOUILLE
La gazelle se sent traquée, elle se réfugie entre des buissons où perlent quelques gouttes musquées. L’angoisse fait monter son rythme cardiaque et ses veines se remplissent d’adrénaline. Elle ne fait pas attention au doux parfum qui plane dans l’air. Ses fines oreilles se redressent, à l’affût du moindre bruit.
Le cougard a pris possession de la savane, les derniers oiseaux s’envolent au loin, leurs ailes font des mouvements saccadés. Les yeux du félin se rétrécissent, prêt à repérer le moindre souffle d’air. Ses narines s’élargissent et sélectionnent avidement les molécules en suspension. Sa tête pivote instantanément sur sa droite.
La gazelle ne supporte plus l’attente ni le silence, alors elle s’élance et soulève la terre sèche qui forme une fine fumée où ses sabots frappent le sol. Ses longues pattes fuselées se déplient avec agilité, elle rebondit en souplesse.
Le cougard, comme une ombre, bande ses muscles et jaillit. Il n’a plus besoin d’être furtif. Sa puissance s’exprime alors par des mouvements chaloupés. Les griffes de ses pattes grattent la terre et laissent de fins sillons. Son pelage s’hérisse le long de sa peau épaisse.
Les deux silhouettes animent la savane qui semble déserte. La gazelle fuit dans les herbes sèches qui lui frottent les flancs. Sous l’effet de surprise le cougard est distancé mais rapidement il revient à hauteur de sa proie.
Bientôt il va lancer ses lourdes pattes en avant qui s’abattront sur le dos de sa victime. Les griffes transperceront la chair tendre qui libérera un sang tiède. Elle trébuchera et s’effondrera.
La salive s’écoule déjà des babines du fauve. Il doit la ravaler immédiatement car la gazelle a fait une embardée qui l’a semé légèrement. Encore un effort et ses crocs pourront déchirer la peau de l’animal, le rouge se répandra sur le pelage sombre de son museau. Il sent de nouveau l’odeur de la sueur de sa proie, signe imminent de la capture.
Le cougard s’écroule.
La gazelle disparaît dans des fourrages.
La fumée soulevée par la chute retombe avec un silence pesant.
La savane est immobile.
La respiration du félin ralentit. Il aperçoit de gros nuages cotonneux accrochés dans le ciel, ils deviennent rouges. Ses yeux se remplissent de sang, puis sa gueule. Les nuages virent au noir, l’animal se détend. Une fine pointe est plantée dans son épaule. Les herbes alentour baignent maintenant dans le liquide ocre.
Le cougard ferme les yeux et laisse échapper un dernier souffle. C’est alors qu’une nouvelle silhouette sort de l’ombre d’un arbre. Petite et vive, elle se faufile entre les touffes végétales.
Elle se redresse en atteignant la bête inanimée et d’un geste rapide et précis arrache la pointe. Ce n’est pourtant qu’une petite fille noire aux cheveux tressés, mais son regard est celui d’un prédateur. Elle a perçu plus loin une présence parmi la végétation et se met sur le qui-vive.
La gazelle la regarde, elle a sortit sa tête d’un fourré. Une communication tacite s’établit. Le temps s’est arrêté.
Vunion Lautrec, chapitre 5 [101]
Cependant, malgré le désordre ambiant, et quand même au bout du chemin, il s’évertua à retrouver l’ouvrage qu’il cherchait. C’était un petit livre, de ceux qui passent inaperçus, un format quasiment carré, une couverture rouge foncé en carton plastifié, une tranche ni trop fine ni trop épaisse qui permettait de le tenir fermement dans la main, de sentir la matérialité du livre, sa masse parfaitement équilibrée.
Flell repoussa du pied des cubes de couleur, qu’il ne se souvint même pas avoir possédés, à aucun moment de sa vie, et tomba sur une revue passionnante. Il la sortit du lac d’humidité qui avait collé les pages et essuya la mousse qui se propageait sur l’illustration de couverture. Détail amusant : la mousse poussait justement là où la femme sur la photo avait rasé sa mousse naturelle.
Il consulta le sommaire et se félicita d’avoir un tel magazine. Avant de se référer à l’article sur le fonctionnement des oreillettes, il se prit un peu au jeu du poster central et utilisa de son huile de coude.
Calmé et heureux il ne lut que la moitié de l’article pour se remettre en quête du livre rouge à la surface du marécage. C’était plus la moiteur et la sueur rendant ses mouvements lents et inefficaces que le fatras d’objets qui l’empêchaient d’arriver à ses fins. Mais soudain il…
Bouli Lanners dans la Darasse, en vrai
Alors là, une vraie star dans la Darasse, qui l’eu cru. Bouli Lanners messieurs dames, l’acteur/réalisateur Belges a accepté de jouer pour nous. D’une patience et gentillesse infinie. Gros merci monsieur.
Il s’agissait du festival 5 jours tout court, pendant lequel Bouli Lanners était venu présenté un film. Et aussi car son premier long métrage Ultranova sortait en salle, notamment au cinéma Lux où le festival avait lieu. Toujours est-il qu’il avait accepté de lancer le premier Marathon du court métrage de Caen, en présentant le thème: LABORATOIRE.
Ni une ni deux, Timothée propose de le prendre en guest. On lui demande s’il a le temps de participer à notre film, il répond oui, d’ici 20 minutes. Parfait, ça nous laisse le temps de prévoir les plans, afin de le libérer au plus vite. Ce qui m’a le plus marqué, c’est quand Bouli a écarté une indication de jeu et imposé la sienne. Là j’ai eu la sensation d’être un enfant et qu’il était un daron. En tout cas ça s’est super bien passé.
Comme le film était plus long que les 3 minutes autorisées, hors générique, nous avons trafiqués la fin pour faire débuter ce générique aux 3 minutes et ne pas être disqualifiés. C’est dommage pour le film, il mérite peut être un remontage.
En tout cas, pour cette première édition du Marathon du court métrage, j’ai gagné. Mais avec le film que j’avais réalisé tout seul.
La darasse métaphysique
Les origines de cette Darasse me sont floues une fois de plus. Je me souviens par contre qu’il s’agit de l’époque où je faisais mon expérience « oreilles de Shrek » que je portais en permanence. Sur le plan à 2’08, au montage, j’ai réalisé que mon expérience me créait un trou dans les cheveux ! J’ai arrêté immédiatement.
Même si je ne me rappelle pas pourquoi nous sommes parties sur cette histoire, j’ai un souvenir plutôt précis des sensations. Surement car le film est très sensoriel justement. Il me plait toujours.









