Vunion Lautrec, chapitre 10 [1010]

Elle faisait défiler devant ses yeux les images de son passé avec son mari, lorsqu’elle aperçut une tâche très étrange sur la moquette jaune. C’était une sorte de reflet, comme la surface d’un miroir qui ne fait que renvoyer votre propre image ; mais au lieu de réfléchir la lumière, cette matière l’aspirait et la propulsait dans les profondeurs du sol. Si bien que Blanchette, en se penchant en avant, aperçu …
LE FUTUR.
Nan, ce n’est pas ça. Le …
PASSE !!! Non plus. En fait, elle aperçut une zone dans laquelle la notion de temps n’existe plus, même pour les êtres humains qui l’ont créé. Ce qu’elle vit, existe, est là, est présent à tout moment, pour toujours. Et même, selon notre point de vue étroitement humain, jamais. Puisque cette matière n’a pas de temps, elle n’a pas non plus d’espace ; les deux étant indissociables. Si bien que la notion de vitesse était ignorée de ce lieu. Une vitesse ne peut se définir sans un référentiel spatial. Ici, ni temps, ni espace, la vitesse n’a aucun sens. Comme notre vitesse par rapport à la pièce dans laquelle on se déplace n’existe pas par rapport à notre corps. Blanchette en eu vite marre de ces réflexions stériles, c’est-à-dire compliquées pour rien et frotta cette tâche mystérieuse jusqu’à ce qu’elle disparaisse entièrement. Un lieu sans espace ni temps disparut avec.

Pour se détendre, elle pris un bon bain fumant et s’installa sur son lit, les cheveux humides, encore enroulés dans une petite serviette. Elle se sentait bien dans son épais peignoir, toute nue en dessous. Elle était déjà plus libre. C’est alors qu’elle saisit la télécommande du récepteur et sélectionna une chaîne érotique pour femmes. Elle était déjà excitée par le bain et la sensation agréable de l’éponge sur sa peau lisse, mais elle désirait contempler quelques beaux garçons. L’émission sur laquelle elle tomba lui plut assez pour se laisser aller à la volupté. Elle vint rapidement et s’endormit dans un cocon de plénitude.
Le lendemain, après un bref déjeuner, elle courait déjà au milieu du parc pour se rendre à un cours de klégniole. La moitié des nouveaux élèves dont elle faisait partie n’était pas encore équipée du kroc. Cela ne faisait rien, la méthode exigeait au minimum deux semaines d’observation et c’était son tout premier cours. Elle devait donc prendre place sur l’un des sièges disposés en carré autour des élèves expérimentés et du maître. Ces derniers s’adonnaient à leur entraînement sans se soucier des observateurs. En tout cas, c’est ce qu’ils aimaient que l’on croit. Car même le plus sage des maîtres adorait être contemplé avec admiration.

Il était épuisé. A sa gauche la surface du bureau était vide, à droite s’entassaient 5 dossiers complets. Un travail titanesque dont il était satisfait. Maintenant il faudrait soutenir les critiques de l’assemblée de proximité, et assumer coûte que coûte la pensée nouvelle qu’il avait développée : le choix d’un temps juste. C’est-à-dire miser sur le temps comme moyen d’accéder à une réussite, car ce dernier porte en lui intrinsèquement une valeur oubliée. Retrouver le temps ‘’naturel’’, si cela pouvait encore signifier quelque chose. Pour lui c’était la seule façon de pousser le progrès un peu plus loin et même d’atteindre un vrai progrès.
Malgré sa satisfaction, son cou n’était plus fait que de nœuds durs et douloureux et ses fesses une zone si insensible qu’elles fusionnaient avec son fauteuil de travail. Une douche, une bonne douche blanche lui redonnerait la vitalité nécessaire. Car le jour de son exposé attendu comme brillant était tout proche, il devait maintenant préparer son expression orale.

.Paralysé des jambes pour au moins une semaine, l’avertirent les médecins.
.Putain ! pensa Flell.
.Mince alors, dit-il à voix haute.

.Vous avez subit un martèlement répété au niveau postérieur, ajoutèrent les médecins qui parlaient toujours en stéréo.
.Enculé d’ours ! se souvint-il.
.Oui, je n’ai pas eu le temps de les voir venir s’expliqua-t-il.

.On vous prêtera des béquilles, mais elles vous seront inutiles et facturées.
.Typique de faux cul comme vous !
.Où pourrai-je me procurer un fauteuil ?

.Aux « Plastèques encombrants », il existe une gamme spécialisée.
.Et l’adresse, je la devine, ou je l’invente ?
.Quel est l’emplacement de cette boutique s’il vous plait ?

.Sortez d’ici, prenez à droite, puis à droite encore, tout droit, un droite-gauche rapide, gauche, zig-zag et twist.
.Mais faites moi un plan là, les frères siamois !
.Pourriez vous me noter ces indications sur un petit carton, vous seriez aimables ?

.Nous n’avons pas le matériel adéquat, nous appelons tout de suite une infirmière.
.Mon dieu l’incompétence ! Je suis outré.
.Comme vous êtes serviables.

Les médecins miroirs sortaient de la chambre quand il …

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