Jukin 17, suite et fin de la trilogie du crayon

17. Ce matin, Jukin est devenu riche.

Il s’était levé tôt, ce qui était déjà une bonne chose. Et aussitôt, le désir d’écrire son autobiographie revint le titiller. La première fois, il avait été saisi en se couchant. Maintenant il se levait, motivé par l’idée de partager sa vie. Cependant les efforts demandés afin de remplir un gros livre le décourageaient. Il avait besoin du retour du public dès les premiers chapitres. C’est à ce moment que le premier éclair frappa son destin. Dans un flash, Jukin comprit qu’il devait publier son autobiographie par blog. Toujours en caleçon, il ressortit et brancha son ordinateur obsolète mais fonctionnel. Il payait encore l’abonnement Internet !

Très rapidement il publia le premier article de sa vie. Il était enthousiaste et rafraîchissait la page toutes les minutes afin de voir s’il y avait des commentaires. Une heure plus tard il allait abandonner quand il découvrit le premier : « je suis arivé par hazar, ms c trop nul ton truc. mdr 🙂 ». La déprime l’ensevelit aussitôt. Il prit tout un tas de couvertures et grimpa les escaliers pour le grenier. En haut, il s’emmitoufla en boule et se laissa dévaler. En bas de l’escalier, il rebondit contre une petite commode qui se renversa. Il laissa écouler 20 bonnes minutes dans son refuge de coton et de douleur.
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2 commentaires
Anonyme:
je suis arivé par hazar, ms c trop nul ton truc. mdr :-) et c'est vrai totalement pourris ;) ton article

Anonyme:
je suis arivé par hazar, ms c trop nul ton truc. mdr :-)

Jukin 16, la suite de la trilogie du crayon

16. Ce matin, Jukin s’égosille pour rien.
Il hurle à la fenêtre de son séjour qu’on lui rende son crayon. Que la personne qui lui a fait cela lui a volé une partie de sa vie. Ce crayon était en effet imprégné de sa cervelle après avoir passé une journée dans son oreille. Ca le mettait d’autant plus en rage, que tout le monde semblait l’ignorer, semblait s’en moquer. Comme s’ils considéraient sa vie sans importance. Et soudain, un immense essaim de doute le traversa. Ses yeux s’écarquillèrent, sa maison devient gigantesque. Avaient-ils raison ? Sa vie n’était elle qu’un trou dans la terre ?

Jukin rejoint immédiatement la forêt la plus proche avec une pelle sur l’épaule. Au niveau du parking, il s’immobilisa devant une affiche publicitaire. Elle représentait un pot de fleur en fonte d’où dépassaient deux minis jambes à talon aiguille. Il était estomaqué. Cette image était pour lui l’exact condensé abstrait d’une journée de son passé. Comme-ci quelqu’un avait pu faire un résumé mental d’une journée entière. Et surtout comme s’il avait trouvé le moyen d’en capter l’essence émotionnelle, ce que lui-même en gardait dans sa mémoire. Quelqu’un avait utilisé son crayon !

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Jukin n°15, le début de la trilogie du crayon

15. Ce matin, Jukin a bien mal à la tête.

Ça lui a pris comme ça, dès le réveil. Pourtant il avait une impression évanescente d’avoir fait des rêves doux et apaisant cette nuit. Il ne se sentait même pas encore de mauvaise humeur, malgré la douleur. Ce n’était donc pas un malheur psychologique qui lui causait ce trouble. Quelque chose, quelque part dans son corps, clochait. Il s’assit en tailleur, ralentit sa respiration et ferma les yeux. Comme l’on retrousse une jambe de pantalon, son esprit s’était retroussé en lui-même. Méthodiquement, Jukin parcourait tout son corps. Il communiquait intimement avec lui. Ses organes lui répondaient un à un, puis ses os, ses fibres nerveuses…

La transe s’acheva quelques heures plus tard. Insatisfaisant, les réponses étaient toutes positives. Aucun dysfonctionnement interne. Il se déplia, posa sur sa table de chevet le calepin de notes qui était resté sur son lit. En effet, à l’heure du coucher, il avait eu envie d’écrire son autobiographie. Cela c’était soldé par un échec, mais il avait trouvé rapidement le sommeil.

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1 commentaire
Anonyme:
Héhé ! ça me fait penser à La bête à Mait'Belhomme de Maupassant. Mais disons en moins... normand !
Bisous Monsieur Jedonnepludenouvelles

Audrey Cheval