Jukin 32

Ce matin, Jukin a compris l’univers.
titre proposé par Tim

Dans la rue montant jusque chez lui, il sautillait. Son cours de klégniole lui faisait toujours le plus grand bien. Quand il approcha de son mur, une épaisse fumée noire s’envolait du jardin. Il se pressa calmement dans sa cours et trébucha. Le mur mitoyen était défoncé en son centre. Une énorme sphère rocailleuse le remplaçait. Noire comme du charbon, elle rougeoyait encore en certains endroits, rejetant de la sciure dans l’atmosphère.

Entre les briques brisées, Jukin approcha prudemment, il trébucha tout de même. Derrière la masse chaude, son voisin Sirunyk bougonnait comme à son habitude. Seulement, en l’apercevant, une lueur apparu dans son regard morne.
_ C’est mon météore de toute façon. Il est dans mon jardin et je l’ai vu en premier lui balbutia-t-il d’une voix sourde et enrouée.

Jukin ne releva pas, trop fasciné par le spectacle. Autour de la sphère, l’impact était matérialisé par des stries en saillies concentriques qui avaient fait onduler la terre. Bien qu’immobile, la scène semblait vivante. La chaleur dégagée faisait bouillonner l’air sur un bon périmètre et le rougeoiement régulier donnait l’impression d’une respiration. Il crut même voir la surface du météore se dilater. Et la répartition des briques fracassées donnait encore à voir le mouvement de l’explosion. La fumée noire s’élevant maintenant en un mince filet achevait le tableau.
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Jukin 31

Ce matin, Jukin se sent flasque.
titre proposé par Marion

C’était une période sombre. Jukin voulait en inverser la tendance. Il ressortit à cet effet sa plume de collection dont le coffret prenait la poussière au grenier. Elle lui évoquait un passé faste et il espérait ainsi briser le flux négatif.

Assis dans un fauteuil du séjour, la tige roulait entre ses doigts tandis que son cœur se réchauffait à ses souvenirs. Mais elle lui échappa. Comme paralysé, il regarda son vol irrégulier jusqu’au radiateur. Quand il put se mouvoir, elle s’engouffra derrière les barreaux de fonte. Vraiment, il fallait rompre cette chaîne. Bien entendu sa main ne passait pas. Alors il s’allongea au sol et tenta de souffler sa plume par en dessous. Elle remontait pratiquement en haut, mais le radiateur était trop grand pour qu’il puisse en même temps s’en saisir de la main. Furieux, il se redressa et força pour passer son bras. Il se meurtrissait et ça ne changeait rien. Il abandonna. La plume coincée semblait le fixer.
Cet affront supplémentaire l’avait épuisé, si bien que son bras lui semblait se liquéfier d’accablement. Il n’avait pas encore remarqué, mais le bout de ses doigts était vert pistache. Laissant son imagination dériver de ses sensations, il plaça sa main au dessus du radiateur. Elle s’allongeait mentalement à mesure que la couleur verte remontait. Jukin la remarqua, mais ses doigts immenses et gélatineux atteignaient la plume. Il se disait que c’était formidable même si le vert recouvrait déjà son poignet. Quand le bout de ses ongles déplaça la plume, il sursauta. Tout cela était réel. Sa main molle et verte pendait derrière le radiateur sur 70cm. Le majeur à lui seul devait atteindre les 40cm. Paniquant à cette vision, il se mit à courir sans but. Son membre retrouva alors son état normal. Il s’arrêta net et vérifia 1000 fois qu’il n’était plus élastique et compara longtemps sa couleur avec son autre main. Convaincu que tout était rentré dans l’ordre, il devina la raison de sa déformation temporaire.
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Jukin 30

Ce matin, Jukin ne s’est pas réveillé chez lui.
titre proposé par Candice

Les yeux encore fermés, il profitait de cet instant fugace entre deux mondes. Il se savait réveillé mais le doute persistait. Sa pensée consciente était embrouillée de fantasmes, de sensations floues toutes enchevêtrées et superposées. Cet état fou était agréable comme une ivresse. Insaisissable en pleine possession de ses moyens rationnels.

Savourant ses sensations, il avait l’impression que ses draps étaient plus doux qu’à l’accoutumée. Même son ressenti corporel devait être altéré. Il succomba au bonheur de son érection matinale. Elle était dure comme du bois.

C’est alors qu’une main se posa dessus. Et ce n’était pas la sienne. Malgré le sursaut, elle persista et commença à le caresser. Très doucement, de la pulpe des doigts, c’était presque chatouilleux. Il ne pouvait deviner qu’une forme sous le drap. Elle ondulait sensuellement au rythme de la main. Jukin sentait son membre comme jamais, les yeux toujours fermés, il l’imaginait violacé.

Maintenant la main l’empoignait fermement à le rendre fou et une seconde main glissa sur ses boules pour le supplicier. Il ne respirait déjà plus. Expédié dans le 3ème monde, son esprit flottait de délectation. Il éprouvait pleinement cette joie spontanée, alimentée par ces mains sulfureuses. Les lents mouvements des doigts qui serraient fortement son membre l’envoûtaient.
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Jukin 29

Ce matin, Jukin a perdu son bulbe céphalo-rachidien.
titre proposé par Tim

Les rayons du soleil étaient jaunes. De petites pattes poilues tentaient de jouer avec. Mais à peine effleurés, ils disparaissent. Finalement lassé de cette lumière immatérielle, le chaton se laissa glisser dans la maison depuis le rebord de la fenêtre. Deux moutons de poussière attirèrent son attention pour les faire rouler quelques instants. Après avoir éternué, il se détourna et bondit sur une masse brune. Elle se souleva aussitôt d’un geste réflexe.

Jukin fut surpris de cette attaque, puis se rallongea en découvrant son assaillant. Le chaton noir venait de le tirer de sa rêverie ou peut être d’une sieste, il ne savait pas bien. Allongé par terre dans son séjour, il profitait d’une vue différente par la fenêtre. Le feuillage de l’arbre lui apparaissait autrement par en dessous. En plus, le soleil s’alignait avec la frondaison ce qui soulignait le relief des feuilles. Il se saisit de la boule de poils et se laissa aller à plat dos. Il redécouvrait sa maison. Tandis que le chaton s’agitait entre ses mains, il observait ses objets familiers. La perspective les déformait, faisant apparaître leur face cachée. Comme-ci une vie dérobée à son regard s’épanouissait chaque jour à quelques centimètres. Ne pouvant plus retenir l’animal entre ses doigts, il le laissa filer dans son cou. Même ses murs semblaient venir d’une dimension parallèle. Extérieurement semblable à la notre, mais recélant un brin d’altérité invisible. Dans cette position il put se prêter à un jeu qu’il adorait : s’imaginer marcher sur le plafond devenu le sol de la pièce.
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Jukin 28

Ce matin, Jukin s’émerveille.
titre proposé par Marion

Dans ce coin, ce sera parfait. Le séjour manquait d’un fauteuil spectaculaire, alors Jukin avait rendez-vous à l’abattoir. Johnny, le directeur, dont il avait fait la connaissance à un salon de viande, lui avait promis les plus beaux os. Car il désirait se faire un magnifique fauteuil en os. A son arrivée, il fut présenté à Dévine, un nouvel employé à qui le directeur faisait une visite détaillée. Jukin joint la visite.

Dévine était très drôle, malgré lui. Il avait quelque chose de mignon, trop mignon, ce qui inspirait la pitié. Et mêlé à cela des dents horribles et une démarche atrophiée. Jukin pouffait de rire intérieurement, ce qui le distrayait d’ailleurs pendant cette visite si ennuyeuse. Ses os. C’est tout ce qu’il désirait. Patience.

Johnny, ce grand type costaud comme un taureau, les amena à la salle des carcasses. Jukin demanda s’il était vraiment nécessaire d’aller jusque là. Mais le directeur devait tout montrer à son employé, alors il leur emboîta le pas. La porte épaisse découpée dans un métal mat vert bouteille était percée d’un tout petit hublot. Pourquoi étaient-ils toujours aussi mesquins sur les hublots ? On devinait à peine les quartiers suspendus. Jukin entra derrière Johnny qui lui cachait la vue.
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4 commentaires
Anonyme:
Hahahaha!

C est enorme! Résolument incorrect; voire abject.

Le puriste y reprochera les fautes d'orthographe qui emaillent la prose.

En tout cas, comme dirait Kamel Toe: "C'est fat, gros! Comment il se la donne dans son quartier de barbak le keum. "

Scalp

nikubik:
bin voilà, le 30 mars le retard se rattrape encore un peu plus, courage mon coco

marion:
oh aloors, c'est du foutage de gueule ! Remboursé.

Anonyme:
Violaine dit:
c'est inadmissible!

Jukin 27

Ce matin, Jukin ghgahhgegrdrghjgh.
titre proposé par Tim

Un profond enthousiasme bouillait en lui. Comme des spasmes de joie dans tout le corps. Il avait hâte. Cependant, il ne savait pas de quoi. Aucun futur évènement inscrit dans son calendrier ne pouvait engendrer d’envie particulière. Ses mains s’agitaient frénétiquement quand les bouffées de bonheur débordaient. Une énergie raisonnait en lui.

Poussé par cette motivation, il s’installa à la table du séjour devant le coffret vitré de sa collection de peignes. Depuis longtemps, il devait les dépoussiérer et remettre un coup de neuf au coffret. Après avoir ôté la vitre, il les sortit un à un et les déposa bien alignés sur la table. A l’aide d’une époussette aux plumes délicates, il frotta la poussière qui se déposait en tas. D’une allure dynamique, il accumula un joli monticule, lorsque sa motivation disparut. Il n’était pas abattu ni déprimé, mais ne ressentait plus cette ondulation de plaisir qui le poussait à agir si facilement. La remise en état de son coffret ne lui apparaissait subitement plus indispensable ni agréable à faire.

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Jukin 26, c’est tube

26. Ce matin, Jukin est sourd-muet.
(titre proposé par Marion)

Étrangement, aucune palissade, aucun grillage ou barbelé pour retenir les curieux. Jukin s’avança, méfiant. Outre les machines qui s’affairaient bruyamment, un bassin central était dégagé, depuis lequel un immense tube horizontal partait. A son entrée, une jeune femme aux cheveux blancs portant une blouse bleue de laboratoire, semblait monter la garde. Personne d’autre n’étant en vue, il se dirigea droit sur elle. Fatigué, il avançait lentement.

Toute la nuit, le vrombissement de la grue, réveillé. Les saccades du marteau piqueur, encore réveillé. Le fracassement du bulldozer, toujours réveillé. Le petit matin avait fait son entrée en scène et il avait eu cette désagréable impression de ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Comme traversant un désert de sommeil pour finir épuisé sur le rivage du jour. Pour couronner le tout, sa tête était prise dans un étau de douleur.
Sur les chantiers ils engageaient systématiquement une équipe supplémentaire de types qui venaient de tellement loin, qu’ils se levaient là bas quand on se couchait ici. Le vacarme infernal avait été incessant depuis la veille. « Et pour construire quoi d’ailleurs ? », s’était demandé Jukin. « Qu’est ce qui les poussaient à cet acharnement ? » Il était alors parti découvrir ce qui valait qu’on lui gâche sa paisible existence.
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2 commentaires
nikubik:
le premier échec au Jukin est désormais réparé

Marion:
alors celle là c'est la meilleure, on attends patiemment toute la semaine et tout, et le mec il publie pas à minuit pile!!

Vous perdez une fidèle lectrice.

PENDU !

Jukin 25, c’est rétrograde

25. Ce matin, Jukin marche à l’envers.
(titre proposé par Violaine)

Tout avait commencé au sortir du lit. Une seconde d’inattention, une légère variation d’un facteur imperceptible, une ombre encore planante sur son inconscient ou une simple poussière du hasard l’avait amené ce jour précis, à cet instant crucial, à se lever face à son lit. Le contraire de son habitude. Malheureusement, le poids des rituels l’avait aussitôt raccroché au rail du quotidien, avant même qu’il ne se retourne. A peine redressé, il s’était mis à marcher en direction de sa salle de bain, comme tous les matins. Les automatismes reprirent le dessus, mais il marchait à l’envers.

Décalé de 180° jusqu’au matin suivant, il décida qu’il passerait tout de même sa journée normalement. Avant de s’engouffrer dos au salon, il prit la précaution de se confectionner une affichette. Placée judicieusement, elle l’empêcherait de rééditer la même erreur le matin prochain.

Jukin se sentait téléguidé par son corps, bien que tout se passât évidement dans sa tête. Pour effectuer les gestes quotidiens les plus simples, il devait mettre sans cesse à l’épreuve la souplesse de son buste. Ainsi, il avait l’impression que son intérieur était très mal conçu, que tous les objets étaient justement disposés là où ils étaient le plus difficiles à atteindre. Son propre corps lui faisant toujours obstacle. Il trouva un seul avantage à marcher à l’envers : Lorsque l’on se cogne, ça fait moins mal sur les fesses que sur le nez.
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3 commentaires
Anonyme:
où est passé la moquette de bulldozer?

nikubik:
? nieh ? nieh ,àl iuq ed selrap ut ,sdnetta nib
srag titep ec esohc euqleuq emêm ed tuot tse'c

iul ruop icrem

marion:
! trof port tse li nikuJ