Une autre nouvelle sur le moment

carnet 02

un mec est au cinéma et il écrit dans un carnet. Franchement, il trip trop au lieu d’attendre le film. Le silence angoisse les quelques spectateurs qui n’osent pas trop parler. Lui est seul, mais il s’en fout, il a son carnet. Le bruit d’un homme qui s’assoit à sa gauche l’interrompt ; mais un instant seulement car il replonge aussitôt dans le flot qui comble son attente et accapare ses pensées. Un autre homme s’assoit devant. Il n’y a aucune fille dans ce cinéma, ce n’est pas possible ! Peut être que le film est ciblé homo ? Où plutôt macho ? Mais alors je fais quoi ici ?

Je suis un mélange homo-macho ? Est-ce seulement possible ? En tout cas, pas de quoi bander ici, pas de quoi fantasmer, et ça n’aide pas à combler le vide intérieur qui devient tout à coup palpable et dont la noirceur renvoie aux peurs primitives existentielles. Cette fois, un bonhomme serait le bienvenu, même pour s’asseoir juste à côté.
Ca y est, c’est le noir du vide. Ah non. Le film commence…

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Notation spontannée

carnet 01

un mec est à l’ANPE et il écrit dans un carnet. Franchement, il trip trop au lieu d’attendre comme un funiculaire. Une fille le regarde. Tant qu’il ne la voit pas, il est persuadé qu’elle est trop mignonne. Finalement il tourne la tête : bof.

Alors de nouveau il est face à son vide intérieur qu’il tente de fuir par le flot des mots.

Mais sans cesse l’angoisse de la fin des mots le prend et le pousse à continuer, à trouver une sortie, un rebondissement, le moindre détail qui lui ouvrirait un univers inconnu aux limites infinies. Cependant il est coincé, à l’ANPE, il doit attendre dans une pièce, et personne en vu ! Le vide a été eche…
Mon nom, c’est mon tour

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La main d’Alexandra m’a inspiré

TIBOUDMAIN

Je marche dans la rue, le soleil a son zénith.
Il y a pleins d’obstacles à éviter.
Pourtant, toute mon attention est portée sur une main.

Elle balance au bout d’un bras, mais ça ne m’intéresse déjà plus.
TOUT tient à cette main.
Elle ne semble pas affectée par sa propre inertie et fend l’air vivement.
Son mouvement de balancier est hypnotisant ;
il est de ces mouvements que l’on peut contempler hors du temps, car le temps s’arrête à leur contemplation.
Comme-ci cette main emportait toute la masse du membre sans le moindre effort.
S’en dégage une sensation de légèreté
qui tient tout autant à son agile fluidité
qu’à sa texture.
(Lire la suite…)

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Du regret

plante

toi tu es une belle plante, toute jolie avec une fleur
déjà épanouie mais qui ne demande qu’à grandir

moi je t’avais préparé un grand pot avec de la terre
mais j’avais aussi oublié l’essentiel
si bien que je t’ai laissé dans le grand pot
sans t’arroser

tu t’es rabbougrie et heureusement avant de devenir toute fanée
tu es retournée dans ton petit pot ou tu as pu reprendre des forces

et moi je suis seul maintenant, avec mon grand pot plein de terre

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Une nouvelle mythologique

Ô déesse

ô déesse des nuits infinies
exacerbe nos pouvoirs aux limites universelles
prouve au monde à quel point il est notre jouet
fertile et fragile entre nos doigts

fais du reptile le témoin du mal
l’unique rescapé des 1000 vivisections
à jamais sa parole préviendra l’humanité
épargné devant notre menace infernale

ha! ha! ha

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Une nouvelle fulgurante

il a tout mangé

Il a mangé un sandwich et après il est rentré chez lui. Il a enlevé ses chaussettes, son t-shirt, son slip et il a pissé tout d’bout, direct sur les hauts parleurs de sa chaîne. Après il s’est branlé, il a tout mis dans un verre et il l’a mis dans le frigo. Il est resté d’bout devant le frigo ouvert…
Il est tombé sur le dos 1h plus tard, il était mort.

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Pour l’anniversaire de Tristan

TRISTULE

Je t’aime Tristule, car tout bourdonne autour de toi,
quand je te regarde dans le fin fond de ton âme, à travers tes yeux de mandibule.
C’est comme s’il suffisait que tout soit de nouveau frais et arrangé pour qu’enfin l’hélice libère la malice retenue entre tes dents, au milieu du persil et de l’ail.
Mais surtout tes hanches.
Elles peuvent trancher très facilement du bacon.
Oh bien sûr, du bacon fin, mais tout de même.
Quand tu te mets à les bouger, tes hanches,
les mères retiennent leurs enfants de peur qu’ils ne se blessent.
Car on a bien envie de les toucher ces hanches qui brillent,
surtout aux moments où elles sont parcourues de vibrations extatiques.
Je t’en supplie, ce soir, bouge-les ces hanches.

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Un poème un peu wesh

Poème personnalisé
(du lascard amoureux)

Comme un matin d’octobre,
tes yeux m’enivrent de manière purpre.
Je chaloupe, tu bégaies.
La cascade d’eau sacrée
ne cesse de roucouler la mousse du monde.

Comme une hirondelle hivernale,
ton sourire m’incite à insister sur la résistance intrinsèque des méta bloquants solidifiés.
Je ne sais que faire, où aller, je vais m’étouffer.

Soudain la saison sèche m’assiège,
je soulève une sèche contre un mur rêche ; et la rap.

Mais ta peau lisse efface le cauchemar et le mauvais souvenir.
Le ciel se dégage sur un coucher de soleil.
Tu t’endors paisible, dans un cocon de chaleur.

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Pour l’anniversaire de Clémentine

Le voyage de Clémentine

Les fesses bronzées, Clémentine s’égare entre les hautes herbes des dunes.
Un léger vent soulève des grains de sable qui lui fouettent la peau rougie.
Elle aime cette sensation de flagellation. Etrangement elle se sent libre.
Tous les mouvements sont possibles, tous les cris et les pensées les plus folles.

Mais elle reste immobile et silencieuse.
Un frisson remonte de ses poumons pour nouer sa gorge et remplir ses yeux d’eau de mer.
Ses lèvres tremblent.
Le temps est parfait, aucun nuage ne vient déformer le bleu azur du ciel.
Quelle solitude !

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Le dos d’Alexandra m’a inspiré

TIBOUDOS

Concrètement, ce n’était qu’un dos.

Mais alors pourquoi celui-ci m’emplissait-il de mystère ?

La fenêtre, transperçant le mur, laissait déjà passer les rayons orange du soleil. Ainsi, une chaude lumière remplissait la pièce et enveloppait le dos. On avait l’impression qu’il se faisait le plus beau du monde, afin de rivaliser avec notre étoile.

Le dos se soulevait régulièrement, dans un mouvement aussi ample que fluide, totalement hypnotisant. La peau semblait se dédoubler et former un halo presque divin. Sous l’effet de cette respiration, les reflets dorés qui s’y dessinaient en scintillaient.

La fenêtre, dont la vitre était tirée, laissait aussi entrer les senteurs de l’été. La douce chaleur faisait perler une fine pellicule d’eau sur la peau toute lisse. Si bien que sa légère fragrance me parvenait. Elle était à la fois épicée et suave. Une bouffée d’air frais me faisait tourner la tête.

Ce dos ciselé pour les regards les plus exigeants, n’était qu’une tentation pour le toucher. Mes mains tremblaient sensiblement. Cependant, je ne pourrais en connaître l’aspect.

Etait-ce la raison du mystère ?
Ou bien venait-il de la coïncidence de tous ces détails réunis ?
Peut être que le secret était tout simplement qu’il s’agissait du dos d’Alexandra.

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