Pour l’anniversaire de Julien Cu.

RuLio bataRd !
 
Il a un gros cul et des petits yeux, c’est pour cela que la communauté gay l’aime.
Il est rejetté par ses amis punks car il a la peau trop rose, il lui arrive même de pleurer quand ses potes à coupe Iroquois lui hurlent
« pédé refoulé, pédé refoulé, go fuck yourself, you fag »

Mais rulio, il s’en branle au fond, car il sait.
He knows.
Au milieu de toutes ses conquêtes d’un soir, une petite fleur rayonne dans son cœur :
Sa mère – the mother of all things – comme il aime l’appeler.

Car en le mettant au monde, elle est aussi celle qui a créé son monde, celui qui vit dans sa tête.
Alors RuLio, il sourit en coin à tous ces konards qui se rattachent à des communautés pour mieux segmenter la réalité et il repense sans cesse au jour où il est né.

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Une nouvelle inexorable

17/02/06

n’importe quoi
ça recommence toujours
il s’est cassé sur lui-même, mais il ne sait pas comment s’en sortir seul
c’est la première fois que ça lui arrive
il se sent mal
les autres regardent, comme des enveloppes d’animaux
il ignore le monde
ça beugle encore plus
il s’efforce de se redresser, mais il n’en peut plus
des veines se forment aux tempes ; vertes, elles ressortent sur la peau rougie
les mains sont fermées, crispées, tétanisées
la position est de plus en plus inconfortable
plus il cherche à s’en sortir, plus il se sent pris au piège
comme si le niveau de l’eau montait à chacun de ses mouvements
des crampes le prennent un peu partout
son équilibre vacille
la rigidité de son corps ne lui permet pas de réajuster
il va basculer
une main secourable se déploie
tant pis, il s’écrase durement sur le carrelage
du pur sang se répand à grande vitesse
le contour de cette flaque rouge est parfait
la forte lumière blanche des néons s’y reflète en liseré pour le souligner
la douce main secourable tente de le soulager, de le réconforter
il est bien tard pour cela
c’est inutile, voire déplacé
elle le comprend et fuit
enfin libéré de sa position, il se laisse aller
une flaque, noire cette fois, au contour flou et terne se forme à sa braguette.

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Coline m’a inspiré

ZOUILLE

La gazelle se sent traquée, elle se réfugie entre des buissons où perlent quelques gouttes musquées. L’angoisse fait monter son rythme cardiaque et ses veines se remplissent d’adrénaline. Elle ne fait pas attention au doux parfum qui plane dans l’air. Ses fines oreilles se redressent, à l’affût du moindre bruit.

Le cougard a pris possession de la savane, les derniers oiseaux s’envolent au loin, leurs ailes font des mouvements saccadés. Les yeux du félin se rétrécissent, prêt à repérer le moindre souffle d’air. Ses narines s’élargissent et sélectionnent avidement les molécules en suspension. Sa tête pivote instantanément sur sa droite.
La gazelle ne supporte plus l’attente ni le silence, alors elle s’élance et soulève la terre sèche qui forme une fine fumée où ses sabots frappent le sol. Ses longues pattes fuselées se déplient avec agilité, elle rebondit en souplesse.

Le cougard, comme une ombre, bande ses muscles et jaillit. Il n’a plus besoin d’être furtif. Sa puissance s’exprime alors par des mouvements chaloupés. Les griffes de ses pattes grattent la terre et laissent de fins sillons. Son pelage s’hérisse le long de sa peau épaisse.
Les deux silhouettes animent la savane qui semble déserte. La gazelle fuit dans les herbes sèches qui lui frottent les flancs. Sous l’effet de surprise le cougard est distancé mais rapidement il revient à hauteur de sa proie.

Bientôt il va lancer ses lourdes pattes en avant qui s’abattront sur le dos de sa victime. Les griffes transperceront la chair tendre qui libérera un sang tiède. Elle trébuchera et s’effondrera.

La salive s’écoule déjà des babines du fauve. Il doit la ravaler immédiatement car la gazelle a fait une embardée qui l’a semé légèrement. Encore un effort et ses crocs pourront déchirer la peau de l’animal, le rouge se répandra sur le pelage sombre de son museau. Il sent de nouveau l’odeur de la sueur de sa proie, signe imminent de la capture.
Le cougard s’écroule.
La gazelle disparaît dans des fourrages.
La fumée soulevée par la chute retombe avec un silence pesant.
La savane est immobile.
La respiration du félin ralentit. Il aperçoit de gros nuages cotonneux accrochés dans le ciel, ils deviennent rouges. Ses yeux se remplissent de sang, puis sa gueule. Les nuages virent au noir, l’animal se détend. Une fine pointe est plantée dans son épaule. Les herbes alentour baignent maintenant dans le liquide ocre.
Le cougard ferme les yeux et laisse échapper un dernier souffle. C’est alors qu’une nouvelle silhouette sort de l’ombre d’un arbre. Petite et vive, elle se faufile entre les touffes végétales.
Elle se redresse en atteignant la bête inanimée et d’un geste rapide et précis arrache la pointe. Ce n’est pourtant qu’une petite fille noire aux cheveux tressés, mais son regard est celui d’un prédateur. Elle a perçu plus loin une présence parmi la végétation et se met sur le qui-vive.
La gazelle la regarde, elle a sortit sa tête d’un fourré. Une communication tacite s’établit. Le temps s’est arrêté.

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Comme une déliquescence

la sentinelle de ton cœur se présente sur le toit
elle souffle de l’hydrogène pulsé par de petits trous
mais alors le souvenir d’une vie gâchée lui remplit l’estomac de cendres de tomate
sa tête tourne, elle devient titubante et se craquelle
elle s’appuie sur son fusil de larmes qui coulent sur ses mains
l’humidité lui saisit les épaules et comble sa gorge
elle étouffe et vomit une flaque d’eau épicée
un premier puis un second genou à terre, une main lâche la crosse et se froisse dans le gravier
peu à peu le corps se déchire et pèse une tonne
il s’effondre et s’imbibe de son vomi salé
sur le flanc douloureusement puis sur le dos pour le repos
tout bascule dans l’esprit de la sentinelle, les couleurs se mélangent
un rayon lumineux jaillit d’entre les ténèbres du ciel et frappe son front

les yeux s’entrouvrent et le corps sèche.

LA SENTINELLE

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Pour l’anniversaire d’Olivier

Le poème du cheval de 21 ans

Yop, petit cheval incandescent effrayait les passants
Crinière de feu, marmite bouillonnante, incontrôlable
Unique instance, la transe le transporte dans les cendres

Zénit, petit vent de sapin, se lève d’entre les pins
Fluide bleuté virevoltant, la sève fraîche le nourrit
Happé par le vide d’air de la combustion instantanée

Convergence explosive, choc des cultures et remise ;
remise en cause de la relativité
Hiatus, béance, creux ; profondeurs insondables
Volcanisme forestier, bois hawaïen

Nouvel équilibre, arrogance passée déplace la montagne
Végétation réchauffée, vie éternelle
Les sabots mélangent la terre aux cendres,
Le souffle incorpore les épines à la lave

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Pour l’anniversaire d’Audrey

LE FAR WEST A UN AN DE PLUS

…si bien que la falaise se penche et s’exprime dans un latin inaudible :
« pourquoi une telle vue de l’esprit ? ».
Le cow-boy à la longue robe frangée ne sait pas quoi lui répondre.
Il se sent idiot et seul face à cette idée qu’il a lui-même lancée.

Des vagues se fracassent sur les angles tranchants des rochers.
L’écume gicle au visage et les jets d’eau de mer cinglent la peau.
Le grondement de cette mousse blanche ne fait que couvrir
un silence pesant. Le cow-boy a les bras crispés.

Il balaie toutes ces idées et ces concepts stériles de son esprit et dégaine son arme. La falaise est surprise et décontenancée d’abord, mais elle se met à rire ensuite.
Le cow-boy lui explique qu’il a mis au point cette arme lui-même et qu’elle est capable de la terrasser.

La falaise hausse les épaules et expire lentement. Elle lui dit qu’il n’a rien compris alors. Même si cette arme est efficace, là n’est pas le problème.
Le cow-boy esquisse un geste de la main.
De la fumée blanche s’échappe du canon de l’arme de mer.
La falaise s’effondre dans un fracas.

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Le mystère de la planète rouge

MARS

Mars est une planète rouge, son sol est recouvert de poussière de roche et de blocs de pierre. La température est de -20°C à -60°C mais la fine atmosphère protège des rayons ultraviolets du soleil.

Une ombre bouge au loin, elle recouvre tout une colline et continue à se déplacer. Elle devient plus foncée comme-ci elle se rapprochait du sol. On ne distingue plus les détails de ce dernier.

Une tempête se lève non loin de là et nous regarde. Elle a choisi sa cible et se rapproche à une vitesse stupéfiante. Il est inutile de s’abriter. Le vent s’enroule autour de nous, comme les bandes invisibles d’une momie. Les pieds ne touchent plus terre, euh mars…

Quelle puissance extraordinaire qui dévaste tout. Mais en même temps, il y a une telle tranquillité dans cette irrésistible nature. L’échelle des dimensions est bouleversée, les sens sont au point de rupture GRONDEMENT.
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Timothée m’a inspiré

TIMOTISATION 13

 
Un jour l’homme ne comprit pas sa condition d’homme. Il était humain tout en étant étrangement humain. Mais les faits parlent d’eux-mêmes.

Le 9 il y eut un événement.
Mais le lendemain c’est un événement qui eut lieu.
Tout le monde tremblait. C’était une rumeur effrayante qui parcourait la foule. Lentement, froidement, systématiquement, presque comme une machine. Et c’est sûrement ce qui terrifiait le plus les gens. Un courant bleu ciel d’aluminium brillant glaçait les os dorsaux à tout rompre. Certains même ne pleuraient pas. On se serait cru là-bas. Les yeux convergeaient. Même un saphir ne pourrait y passer.
Un enfant viole(n)t se le permit !!

Silence.

 
Les yeux convergeaient toujours, mais vers le jeune à présent. Toutefois une lumière jaune continuait d’éclairer la face droite de tous ces visages. Ils observaient
l’enfant et se sentaient épiés en même temps. Si on enlève le ‘e’ et le ‘m’ de temps, ça fait TPS. La présence. La présence se fait sentir. Si bien que les yeux convergent mais dans sa direction. L’enfant est seul à présent. Il se retrouve piégé dans sa maladie, elle l’isole aux yeux des autres, il ne pleurera.
Les autres. Ce sont des yeux, ils décident. Si bien que la foule gronde. La rumeur émane cette fois des yeux. Elle est autrement plus effrayante et terrible.

 

Tremblement.

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